Piratage : Il faut passer à l’action

Piratage : Il faut passer à l’action

ALM : Qu’est-ce qui justifie le choix du moment de l’installation au Maroc de Universal Music à votre avis ?
Abdesslam Ababou : Le choix du moment s’explique par deux facteurs principaux. Le premier est que nous assistons à une réelle dynamique de la part du gouvernement marocain en matière de propriété intellectuelle et de droits d’auteurs. En témoigne la nouvelle loi sur cette question. Nous assistons également à des efforts multiples en terme de sensibilisation contre le piratage. A cela s’ajoute la libéralisation annoncée du secteur audiovisuel. Des facteurs qui combinés, promettent une évolution positive du marché de la musique et un développement de cette industrie au Maroc.
Comment se fera le développement du réseau de distribution et de vente ?
Nous avons commencé par l’inauguration de deux espaces Universal à Casablanca et à Rabat. Nous tablons d’ici la fin de l’année 2004 sur l’ouverture de trentaine de nouveaux espaces à travers tout le territoire national, en visant notamment les grandes surfaces. L’évolution de ces nouvelles ouvertures dépendra par la suite du degré de développement du marché.
Sachant que les prix des CD et K7 ne sont pas à la portée des jeunes fans de musique, existe-t-il une politique de prix spécifique au marché marocain ?
Afin mieux répondre aux attentes des fans marocains, les prix ont évidemment étaient revus à la baisse. Une baisse qui sera de l’ordre de 30% par rapport aux prix pratiqués en Europe. A titre d’exemple, les nouveautés seront commercialisées à 150 DH, contre les 18 euros en vigueur dans des pays comme la France.
Qu’en est-il du poids de l’informel et des réseaux de piratage qui mettent les derniers albums à la disposition de la clientèle marocaine et à des prix très abordables ?
Nous sommes conscients que la tâche ne va pas être des plus faciles. Ceci étant donné le phénomène de piratage de musique qui prospère au Maroc, les réseaux informels de distribution et le faible pouvoir d’achat au Maroc. Mais par la politique des prix pratiqués, doublée de l’engagement des autorités marocaines dans la lutte contre l’informel et le piratage, il y a lieu d’avoir confiance quant à l’avenir de ce secteur. A cela s’ajoute la logique des accords de libre-échange dont le Maroc est signataire avec plus d’un pays, à commencer par les Etats-Unis, très fermes quant à la propriété intellectuelle et les droits d’auteurs et qui va dans le sens de limiter les impacts négatifs du piratage. Mais il faut pour cela que des mesures soient adoptées le plus rapidement possible. Si le temps était ces derrières années à la sensibilisation, je pense qu’il faudra maintenant passer à l’action.

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