Peugeot 1007 : Les portes du succès

Peugeot 1007 : Les portes du succès

«Une voiture originale, un concept unique, une offre singulière… » les substantifs et les qualificatifs (parfois pompeux) ne manquent pas auprès des responsables de Peugeot pour désigner et qualifier la 1007. Telle est la première impression perceptible ce jour-là à Valence. Car c’est en Espagne où se sont déroulés les essais-presse de cette nouvelle voiture et auxquels ALM a pris part. Plus grande qu’une micro-citadine, mais plus courte qu’un monospace compact, la 1007 mesure en fait une douzaine de centimètres de moins qu’une 206 et culmine à 1,62 m, soit 11 cm de plus qu’une 307.
Manifestement, l’auto reprend la nouvelle identité visuelle propre à la marque au lion et reconnaissable notamment par les éléments de la face avant. C’est le cas des phares proéminents et étirés verticalement vers les ailes, mais surtout de la fameuse calandre béante, en forme de bouche grande ouverte (comme celle de la 407. Jusqu’ici, rien de nouveau. En revanche, les hanches de la nouvelle lionne (en fait, c’est un lionceau) font toute son originalité. En effet, la 1007 a la singularité d’être une trois-portes, dont les deux portières latérales sont coulissantes.
Pouvant s’ouvrir et se refermer soit par commande à distance, soit via un bouton à l’intérieur ou par simple pression sur la poignée, ces portières s’actionnent donc automatiquement, indépendamment l’une de l’autre et en moins de cinq secondes. A noter aussi qu’elles sont dotées d’un dispositif anti-pincement, c’est-à-dire que des capteurs empêchent leur fermeture quand un objet ou un doigt sont détectés. Puis, en cas de défaillance électrique, il reste également possible de les actionner manuellement. Mais surtout, c’est par leur côté pratique que ces ouvrants nous ont ouvert la voie de la persuasion. Car en plus de faciliter l’accès à bord à tous les occupants et en toute circonstance, les deux portes coulissantes de la 1007 lui autorisent aussi le stationnement par endroits plus exigus, ainsi que le chargement d’objets volumineux. Cela sans compter cette aisance à déverrouiller et pénétrer l’habitacle, tout en ayant les bras chargés.
Échange des plates-formes (au sein du groupe PSA) oblige, la Peugeot 1007 a été basée sur le châssis de la Citroën C2 et a été homologuée en tant que stricte quatre places. Là encore, on ne peut passer sous silence la générosité de l’espace habitable, surtout pour ce qui est de la hauteur sous-pavillon. Tout aussi appréciable, l’espace aux jambes disponible aux places arrière est suffisant, mais varie en fait selon la position des deux sièges individuels, coulissants sur 23 cm. En d’autres termes, ces derniers permettent de faire varier la capacité du coffre de son –très faible- volume de 178 litres à celui de 364 litres, lorsque les sièges arrière sont avancés au maximum. Si le coffre de la 1007 n’est pas à prendre en exemple, sa modularité, elle, le devrait. L’auto peut ainsi être configurée d’une à quatre places, grâce à ses sièges individuels rabattables et escamotables en portefeuille. On peut alors obtenir un volume de chargement important, supérieur à 1.000 litres.
En fait, la 1007 entend surtout séduire par sa présentation intérieure : position surélevée de conduite et visibilité panoramique pour le conducteur, espaces de rangement abondants et sièges confortables pour les passagers. Le tout, dans un espace convivial et dont les coloris peuvent changer au gré des envies. C’est là, la seconde originalité –et exclusivité- de la petite Peugeot : le pack «Caméléo». Il s’agit en fait de kits d’habillages intérieurs interchangeables, qui comptent 18 éléments (garnitures de sièges, contre-portes, cerclage des aérateurs…) et disponibles en douze coloris, moyennant environ 250 euros (par kit). Du coup et sans le moindre outil, l’intérieur peut changer de couleur en une dizaine de minutes. Une bonne astuce pour redonner de l’allure à une 1007 lors de sa revente… Mais on n’en est pas encore là. Résolument moderne, la planche de bord affiche une instrumentation à compteurs enchevêtrés et un levier de vitesse implanté haut, par souci d’ergonomie au conducteur. Mécaniquement, celui-ci aura le choix entre trois moteurs : un 1.4 l de 75 ch et un 1.6 l de 110 ch en essence, puis le 1.4 l DHi de 70 ch en Diesel. Une offre que l’on a pu tester dans sa globalité, mais en s’étant plus focalisés sur le 1.4 l HDi. Logique, ce bloc sera probablement le plus diffusé, puisque appelé à combler les marchés fortement diésélisés (plus des deux tiers), comme la France ou le Maroc. Doté d’une injection par common rail et d’un couple de 160 Nm, ce Diesel est le seul moteur de la gamme à être associé à une boîte manuelle, les deux autres, s’associant à une transmission robotisée baptisée «2-Tronic». Il s’agit d’une boîte permettant à la fois de passer les vitesses manuellement, grâce aux palettes situées au volant, tout en offrant un mode automatique. La version HDi, elle, n’a pas droit à cette boîte.
Heureusement d’ailleurs, puisque rétrograder s’est avéré bien utile pour donner un peu d’allant à la 1007 lors des reprises et des dépassements. Sur le plan dynamique, pas de mauvaise surprise malgré la hauteur inhabituelle du véhicule. D’une part et en authentique Peugeot, la 1007 tient bien la route. D’autre part, grâce à des pneus de 15 pouces et au contrôle de stabilité (ESP), l’auto s’est montrée assez rassurante lors des passages en virages et globalement bien amortie. Mais il ne faudra pas se leurrer, son terrain de prédilection demeure bel et bien la ville avec tous ses inconvénients de la conduite au quotidien (embouteillage, espaces de stationnement…). A cela, la 1007 saura non seulement faire face, mais ajoutera l’agrément d’être un minispace chic. Et pas seulement de l’extérieur. En effet, la 1007 se situe en haut du pavé en matière d’équipements de confort (climatisation automatique, radar de stationnement, capteur de pluie…) et de sécurité. Dans ce dernier registre, on retiendra qu’elle a droit à sept airbags (dont un pour les genoux du conducteur) et qu’elle a décroché cinq étoiles aux crash-tests EuroNCAP, totalisant la meilleure note possible (36 points sur les 37 possibles). Rien que cela ! Sécurité mais également fiabilité. On rappellera ,par exemple, que le lancement légèrement tardif de la 1007 est dû au souci du constructeur d’effectuer un maximum de tests pour éviter tout problème technique. Les responsables de Peugeot affirment même que des prototypes de la 1007 roulent depuis presque deux ans et ont déjà parcouru 3,5 millions de kilomètres !
Que pourrait-on alors reprocher à cette charmante voiture ? Ses prix, pardi ! En France, ils oscilleront entre 13.500 et 16.500 euros, tandis qu’au Maroc, il sera fort à parier qu’ils démarreront à bien plus de 150.000 Dhs. Tant pis ou tant mieux plutôt. Car l’esprit même de la 1007 n’est pas d’être une citadine accessible et destinée à doper les ventes de Peugeot. Il s’agira plutôt d’un produit d’image, une voiture distinctive et haut de gamme. Sa cible est, de ce fait, une clientèle en quête de différenciation et dont le budget n’est pas serré. Mais il y aura aussi une forte proportion de femmes, comme le disent les responsables de la marque au lion. Le verdict commercial ? Ce sera dans les six mois à venir, lorsque la 1007 aura été lancée sur les principaux marchés européens, ainsi qu’au Maroc, où elle est attendue vers le début du second semestre 2005. On verra, alors, si Peugeot a vu juste en tenant à répondre à une certaine demande du marché.

• DNES à Valence,
Jalil Bennani

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