«Birdman», le roi des Oscars

«Birdman», le roi des Oscars

C’est simple, les Oscars raflés par le film sont largement mérités. Quand Alejandro Gonzales Iñarritu a réalisé Birdman, son idée était simple: «une réflexion sur la nature éphémère du succès, et de tout ce qu’il peut représenter» . Le film s’est transformé en une lecture lucide des super héros, fabriqués à la chaine dans l’usine à rêves baptisée Hollywood. Le réalisateur mexicain revient sur la vie et le parcours de Riggan Thompson, un héros préfabriqué. Riggan était dans le temps le type même de celui qui transforme tout ce qu’il touchée en or. Puis la roue de la fortune s’est muée en un rouleau compresseur qui le broie partie par partie, en douce, en sourdine parfois, mais sans relâche.

Alejandro Gonzales Iñarritu donne un bon coup de pied dans les egos triturés des super stars et secoue un cocotier duquel pleuvent des épaves de héros en carton. Bref, ce film est un tour de force à plus d’un égard. Au-delà de la razzia aux Oscars 2015, la mise en scène est brillante. Tout est mené avec subtilité et finesse. Sans jamais forcer le moindre trait, Alejandro Gonzales Iñarritu distille  son approche du succès, de l’argent, de la gloire éphémère et des lendemains qui déchantent. En effet, à travers le portrait craquelé de cette star d’une série de block buster, Riggan qui était le fameux Birdman, super héros qui saute de building en building, pour secourir les uns et protéger les autres, est aujourd’hui face à  sa perdition. Fini la célébrité, il tombe dans l’oubli. Il décide alors de monter une pièce de théâtre  à Broadway pour retrouver un peu de son lustre d’antan. Mais même cette dernière entreprise pour se redonner une réelle consistance humaine tourne à un combat, d’abord contre les siens, la famille, les amis et surtout un face-à-face lancinant avec lui-même. Le rideau tombe alors. Les masques sociaux aussi dégringolent dans la chute des repères et des valeurs.
Birdman est un film coup de poing. Un électrochoc sur la suffisance, le sentiment d’être le nombril du monde. Un film sur la fin des haricots quand les carottes sont cuites et que le bonhomme en nous doit courir en chasse-patate pour sauver les meubles.

Réalisé par Alejandro Gonzalez Iñarritu
Avec Michael Keaton, Edward Norton, Zach Galifianakis, Naomi Watts, Emma Stone, Andrea Riseborough…

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