Les liaisons dangereuses

Les liaisons dangereuses

«La politique fait semblant de maîtriser un monde qui lui échappe, elle va toujours dans le même sens (gauche effondrée, droite en miettes), alors que la littérature, elle, est sans arrêt partout et nulle part. Ouvrez un livre digne de ce nom : la vraie morale est là, avec l’acide ou l’ironie qui conviennent à chaque situation». Philippe Sollers est on ne peut plus clair. D’ailleurs, les relations entre politique et littérature sont si bizarres parfois qu’on est incapable de délimiter les champs d’action de l’un et de l’autre. Quoi qu’il en soit, c’est là un ouvrage qui tombe bien. A la fois drôle, léger, mordant, avec un zest de moquerie qui traverse le livre de bout en bout. Il s’agit là d’une sélection d’articles qui transcrivent les chroniques mensuelles de l’essayiste et romancier Philippe Sollers.

On y trouve de tout. Sollers en observateur aguerri de la vie politique, sociale et culturelle de son pays, mais aussi du monde, passe en revue les grands moments de vérité de la vie à la française,  mais il analyse également l’actualité littéraire et artistique en s’arrêtant sur un prix Nobel, en parlant d’une grande figure de la littérature comme Duras ou alors décortique le pourquoi de la montée de Sarkozy à un moment où la France était «moisie». Sollers revient sur son époque et tente d’en donner une lecture décalée. De Mitterrand à Sarkozy, de Machiavel à DSK, les enjeux de la politique et ses rapports incestueux avec la littérature semblent ici prendre plus d’envergure à la lumière  des scandales, des révélations, de ce côté  people qui conditionne parfois la politique.

 Sollers ajoute en précisant: «Je m’aperçois maintenant de ce paradoxe: pour avoir su mobiliser, à travers moi, toute la littérature depuis si longtemps, ce livre est en définitive, au moment dangereux où elle semble déconsidérée partout, un vibrant éloge de la politique». Un éloge fait par la littérature, qui est partout dans l’exercice du pouvoir, souvent là où on ne l’attend pas.
Avec ce gros recueil de chroniques qu’il publie aujourd’hui, dont beaucoup ont paru dans le Journal du Dimanche, Philippe Sollers  est dans un exercice de prédilection. Passer d’un registre à l’autre, être à la fois une figure du show, un journaliste, un critique, un essayiste, un romancier et un chroniquer à l’œil aiguisé.

 Editions Flammarion. 250 DH

 

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