Ça carbure à Marrakech

Le premier salon gaz et pétrole (MIOG) qu’abrite la perle du sud du 7 au 10 avril a connu un engouement remarquable. Pour un coup d’essai, ce fut un coup de maître. Une trentaine d’exposants opérant dans le secteur énergétique, issus de 17 pays dont le Maroc, ont pris part à cette manifestation internationale, placée sous le Haut patronage de S.M. le Roi et organisé par IEC (International conference and exhibitions), une filiale du groupe expomedia, en collaboration avec l’ONAREP (Office national de recherches et d’exploitations pétrolières).
Au programme également, une série de conférences sont prévues en marge du MIOG. Il s’agit pour différents experts en la matière d’animer des débats techniques et d’échanger les expériences en relation avec le thème du salon : Marge atlantique de l’offshore nord-ouest africain et ses analogues. Ayant conduit dimanche 7 avril la manifestation de solidarité avec le peuple palestinien à Rabat, le Premier ministre Abderrahmane Youssoufi n’a pas pu faire le déplacement pour inaugurer comme prévu les travaux du salon. C’est Mustapha Mansouri, en sa qualité de ministre de l’Énergie et des Mines, qui a donné lecture en son nom du discours d’ouverture et fait un tour dans les différents stands.
Dans son allocution, M. Youssoufi a mis en exergue les efforts accomplis par le Maroc pour attirer les investisseurs étrangers. Quant à M. Mansouri, il a brossé un tableau du secteur énergétique national et de la politique adoptée par le gouvernement en matière d’ouverture et d’encouragement des investissements privés. Le Maroc qui importe une grande partie de ses besoins en produits pétroliers et gaziers ne baisse pas les bras. Dans son intervention, le directeur général de l’ONAREP a relayé l’espoir toujours vivace de son pays de découvrir l’or noir, à la faveur de la relance ces derniers temps de l’exploration pétrolière notamment en offshore profond.
En attendant, le Royaume cherche à profiter de l’opportunité de Marrakech pour s’assurer des partenariats solides dans ce secteur stratégique. D’emblée, le salon Gaz et Pétrole a pris une connotation maghrébine: deux pays voisins se sont fait représenter par leurs ministres du Pétrole, l’Algérie et la Mauritanie. Gros producteur d’hydrocarbures, l’Algérie par la voix de son représentant, Chakib Khalil, qui est également président de la Sonatrach, a affiché sa volonté d’instaurer un partenariat avec le Royaume dans le domaine énergétique. La veille de l’ouverture officielle du salon, une réunion de travail a eu lieu entre la délégation algérienne et son homologue marocaine.
Les différents opérateurs du secteur comme Aziz Akhennouch d’Akwa Group, Abderrahmane Saâïdi de la Samir, Moulay Abdallah Alaoui de la Fédération de l’énergie ont exploré avec leurs vis-à-vis algériens les axes à même de renforcer un partenariat entre les deux pays. C’est dans le domaine du gaz naturel en particulier que la coopération peut être fructueuse. Une source d’énergie propre que le Royaume compte développer d’une manière conséquente. Le retard pris dans la mise en place du GME (Gazoduc Maghreb-Europe) devant relier l’axe Kénitra-Casablanca et ultérieurement Jorf Lasfar a contrarié les ambitions du Maroc.
Depuis 1995, Rabat perçoit seulement des redevances au titre du transit via Tanger du gaz algérien vers l’Espagne. A en juger par les propos optimistes du ministre algérien de l’Énergie et des Mines (voir interview), l’Algérie est disposée à alimenter son voisin en gaz naturel à condition de mettre en place les infrastructures nécessaires mais aussi à investir également au Maroc dans le domaine des hydrocarbures par le biais de la Sonatrach. Faut-il en déduire que la tension qui caractérise les relations politiques entre les deux pays à cause de l’affaire du Sahara ne doit plus représenter un facteur de blocage permanent devant la volonté de coopération économique ? Reste à transformer l’essai et à passer à l’action“, conclut un responsable marocain.

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *