Automobile : Succession de Michelin, un choc pour le groupe

Automobile : Succession de Michelin, un choc pour le groupe

«La continuité de la direction» sera assurée en la personne de l’autre cogérant, Michel Rollier, conformément aux statuts juridiques de Michelin, a tenu à souligner le groupe basé à Clermont-Ferrand dès vendredi soir, après la confirmation du décès accidentel d’Edouard Michelin.
L’arrivée à ses côtés d’un des cinq frères ou sœurs du patron décédé, à commencer par Benoît, le seul à travailler dans le groupe, à la recherche, n’est pas évoquée pour l’instant. Encore moins un retour provisoire du patriarche François Michelin, âgé de 79 ans.
«Il y a déjà eu dans l’histoire de Michelin des moments où le groupe n’avait à sa tête qu’un seul gérant qui n’était pas de la famille Michelin. Statutairement, c’est possible. Il faut un gérant minimum même s’il y en a eu un, deux ou trois selon les époques», a expliqué une porte-parole du groupe. Même si ce mode de gouvernance devrait adoucir le choc, «ce décès risque de susciter des incertitudes sur la continuité de la stratégie, voire sur l’arrivée d’un autre membre de la famille comme cogérant pour reprendre le flambeau. Et ce en pleine période de volatilité des marchés financiers», a indiqué samedi un analyste londonien sous couvert de l’anonymat.
Michelin, fabricant des marques Michelin, B.F. Goodrich, Uniroyal et Kleber, est toujours numéro un mondial, au grand dam de Goodyear et Bridgestone, grâce à ses 20% de parts du marché et à sa bonne image de marque. Il est néanmoins confronté à une envolée des prix des matières premières de plus en plus dure à digérer.
Le groupe, emblématique d’une industrie française mondialisée, «continue à investir dans des capacités de production situées dans des pays émergents, ce qui devrait lui garantir de bons taux de croissance dans les prochaines années. En même temps, Michelin se mue en une entreprise plus flexible, aux coûts salariaux moindres, ce qui devrait augmenter sa rentabilité», observent les analystes.
La capacité de Michelin et de ses «Bibs», à «boire les obstacles», est plus que jamais mise à l’épreuve.

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