Comment relancer le marché ?

A sa réforme en 1993, le marché financier promettait un essor sans limites de l’économie marocaine, avec la naissance d’un type nouveau de profils : les Golden Boys. A elle seule, cette appellation évoque tout le dynamise et la richesse que recèle ce marché. Dix ans sont passés depuis. Le constat d’aujourd’hui est des plus inquiétants. Cela fait plus de trois ans que l’activité boursière accuse une morosité totale.
Les volumes d’échanges ne dépassent guère les 10 millions de dirhams. Les éventuels golden boys n’ont pas tardé à se muer en simples fonctionnaires, dont les postes sont éjectables à tout moment. « Certaines sociétés de Bourse n’ont eu d’autres choix que de fermer. D’autres, pour survivre, ont précédé à des suppressions d’emplois pour alléger leurs charges du personnel», déclare Hamid Belfadel, fondateur de l’Ecole Polyfinance, actuellement directeur général de Polycompétences.
Pour ce spécialiste de la finance, les raisons de cette détérioration de l’activité boursière sont à chercher dans la législation. Il y va de la consolidation de ce début de frémissement que connaît le secteur. « La remise en valeur du marché financier devra inéluctablement passer par des réformes structurelles. A commencer par la création, par les pouvoirs publics et à travers la réforme de la fiscalité, d’un environnement attractif pour générer des investisseurs », explique M. Belfadel.
La transparence des sociétés cotées en Bourse s’impose également, entre autres mesures à prendre en urgence. Pour lui, les profils d’accompagnement, notamment aux entreprises dans leur phase d’introduction en Bourse, n’ont pas été suffisamment développés. A cela s’ajoute le manque en conseillers et ingénieurs financiers qui a également contribué à la destruction d’emplois que connaît le secteur depuis 2000. Des mesures entreprises par certaines banques vont dans le sens d’apporter plus d’indépendance et de crédibilité à leurs activités boursières. En témoigne la décision prise par Khalid Oudghiri, le nouveau P-DG de la BCM d’interdire aux analystes de la banque de traiter le titre BCM.
Une démarche que M. Felfadel qualifie de courageuse, tout en soulignant qu’il s’agit d’une règle internationale largement appliquée sous d’autres cieux. « Il est temps pour les analystes marocains, par ailleurs réputés pour leur compétence et leur professionnalisme, de gagner en crédibilité », indique-t-il.
A la question sur les moyens à mobiliser pour revaloriser les métiers de la Bourse, le spécialiste répond qu’il serait idyllique d’en parler, à moins que tout le secteur ne sorte de sa léthargie. En attendant la relance de l’activité financière, la plupart des anciens acteurs boursiers se sont, grâce à leur une capacité d’adaptation, tournés vers d’autres secteurs, bancaire notamment.

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