Électricité : vers la maîtrise de la demande

Électricité : vers la maîtrise de la demande

L’Office national de l’électricité (ONE) lance une campagne de sensibilisation pour son plan d’action pour la maîtrise de la demande de l’énergie. Cette action conduira les responsables de l’Office et ses partenaires publics et privés dans différentes régions du Royaume et cible exclusivement les grands consommateurs, notamment les industriels.
Le plan prévoit la mise en œuvre de plusieurs mesures à même d’inciter les clients de l’ONE à rationaliser leur consommation. Il ne s’agit pas de faire déminuer les besoins des usagers professionnels, tient-on à préciser, mais de maintenir ces besoins au même niveau, tout en économisant de l’électricité. Car sur ce point, les experts sont unanimes «le coût du kWh économisé est au moins deux fois inférieur à celui du kWh produit». Des initiatives, qui ciblent les zones industrielles, et des mesures institutionnelles ont été préconisées pour mener à bien ce plan. Il s’agit notamment de deux programmes lancés par l’ONE, Optima et EnergiPro destinés aux industriels. Le premier a été mis en place pour les aider à maîtriser l’évolution de leur consommation électrique, optimiser la consommation de leurs équipements et les utiliser de façon rationnelle. L’offre EnergiPro, lancée en septembre dernier, est destinée aux industriels intéressés par l’autoproduction à partir des énergies renouvelables. Des mesures incitatives accompagnent cette offre. L’Office s’engage, ainsi, à assurer le transit sur le réseau national de l’électricité produite depuis les points de production vers les points de consommation. Il s’engage également à acheter l’excédent produit et non consommé à un tarif avantageux. Le programme de l’ONE prévoit également des mesures institutionnelles. Il s’agit entre autres de changer l’horaire légal pour s’aligner sur celui européen. Une mesure qui devrait mettre à profit l’éclairage naturel et dégagerait une économie pouvant aller jusqu’à 180 GWh ainsi qu’une réduction de puissance en heures de pointe pouvant atteindre 200 MW. Ce programme préconise également la promotion de la gestion déléguée de l’éclairage public, ce qui pourrait générer une économie de 54 MW.  Le Centre de développement des énergies renouvelables (CDER), l’un des principaux partenaires de l’ONE dans cette initiative, a pour sa part lancé un projet d’introduction à large échelle des lampes à basse consommation (LBC) ainsi que des chauffe-eau solaires. L’introduction des LBC, qui commence pendant la saison 2007-2008, devrait permettre une économie d’énergie de 300 GWh par an. Pour ce qui est des chauffe-eau solaires, le Maroc pourrait puiser dans un gisement énergétique évalué à 5,5 kWh par m2 par jour, ce qui représenterait une économie de 50 à 70% des dépenses énergétiques.
Le marché actuel des plaques photovoltaïques commence à se développer. 30.000 m2 de ces plaques sont installés annuellement et l’objectif étant d’atteindre 80.000 par an à l’horizon 2012. Une étude du marché effectuée par le CDER estime, par ailleurs, le potentiel à cette date à 400.000 m2.
L’initiative lancée par l’ONE qui débutera à Casablanca le 20 mars et s’étendra aux villes de Rabat, Tanger, Marrakech, Fès et Agadir, fédère d’autres partenaires, les Régies de distribution d’électricité publiques et privées, le CDER, l’OFPPT et des opérateurs privés.
Elle intervient dans un contexte où la demande en l’électricité connaît une croissance annuelle moyenne de 8 à 9% et où des moyens de production d’environ 500 à 600 MW sont nécessaires. La mise en place de cette nouvelle capacité de production nécessitera un investissement de 10 milliards de dirhams alors que la facture énergétique a atteint 44 milliards DH en 2006.

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *