Fiat en perte de vitesse

On s’y attendait depuis le mois de juillet dernier. C’est désormais un fait. Enregistrant, au cours du premier trimestre, une perte nette de 529 millions d’euros pour le premier trimestre 2002, le groupe FIAT est en perte totale de vitesse. Et pour cause, la mauvaise santé la branche auto de l’entreprise. Regroupant les marques Fiat, Lancia et Alfa Romeo, la firme de Turin continue de perdre des parts de marché en Europe, notamment dans la péninsule.
La direction de Fiat Auto a présenté officiellement mercredi aux syndicats son nouveau «plan» de restructuration de sa division auto pour adapter sa production aux nouvelles donnes du marché. A côté de ce plan de redressement, le groupe envisagerait de se désengager de cinq pays : l’Afrique du Sud, l’Egypte, la Thaïlande, et le Pakistan. Le Maroc serait également concerné par cette mesure. La part de marché de Fiat Auto au cours de l’année 2001 a été établie à 37%.
Au cours des neuf premiers mois de cette année, cette même part a été réduite à 30%. Une réduction jusquelà de 7% donc. Le niveau de vente dans ces pays et les bénéfices réalisés sont jugés peu importants. Fiat Auto chercherait donc à se concentrer sur les grands marchés tels que le Brésil, l’Inde, la Chine et la Turquie. Mais aucune décision n’est prise dans ce sens. A noter que la convention qui lie le Maroc au Groupe Fiat depuis 1995 arrive à échéance en juin 2003. Compte tenu du rôle que la filiale marocaine aurait à jouer en Afrique, à savoir la responsabilité logistique et commerciale de 18 pays africains, le désengagement de la firme du Maroc n’est pas certain, voire peu probable. Mais le plan de restructuration ne se fera pas sans douleur. Tout en présentant un programme d’investissement de près de 5 milliards d’euros pour renouveler sa gamme en 2003, le groupe compte procéder à des licenciements allant de 3.000 à 8.000 emplois.
Le mois de septembre dernier, Fiat auto a vu sa part dans le marché italien se rétrécir pour atteindre le bas niveau record de 28,7 % contre 32,1 % un an auparavant. Les ventes du constructeur automobile italien, indique le ministère italien des Transports, ont accusé une baisse annuelle de 7,5%, s’établissant à 47.460 véhicules en septembre, au moment où le marché italien de l’automobile enregistrait, au cours du même mois, une amélioration de 3,9 % (165.200 unités). Il s’agit de la première hausse enregistrée depuis le début de l’année par le marché italien de l’automobile qui, avec 1,7 million de véhicules immatriculés depuis janvier, accuse néanmoins une baisse de 10,74 % par rapport aux neuf premiers mois de 2001.
Ce redressement des ventes a été dopé par les mesures fiscales d’incitation à l’achat d’automobiles neuves (suppression de la vignette auto pendant trois ans pour les petites cylindrées) adoptées en juillet dernier par le gouvernement Berlusconi. La division auto ne devrait pas pour autant échapper l’année prochaine à un ajustement de sa capacité de production avant de pouvoir renouer avec le bénéfice d’ici à 2004.

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