Fiat perd son patron

Le grand manitou du groupe Fiat, Giovanni Agnelli, n’est plus. Le plus célèbre des industriels italiens est décédé dans sa maison de Turin à l’âge de 81 ans. Il souffrait depuis plusieurs années d’un « problème de la prostate » qu’il soignait aux Etats-Unis. Officieusement, il avait un cancer, mais sa famille n’a jamais précisé la nature de sa maladie. Petit-fils du fondateur de Fiat, « Gianni » Agnelli est né le 12 mars 1921 à Turin (nord).
Surnommé « l’avocato » car diplômé en droit, il avait commencé sa carrière à Fiat en 1943 comme vice-président. Désigné par son grand-père pour lui succéder après la mort de son père Edoardo dans un accident d’avion, Gianni Agnelli avait pris les commandes du groupe familial en 1966 à l’âge de 45 ans après des années de « Dolce Vita ». Fiat est devenu sous sa direction un empire, premier groupe industriel italien, s’internationalisant en Europe de l’Est et en Amérique latine.
Giovanni Agnelli avait passé la main en 1996. Mais nommé président d’honneur de l’empire et sénateur à vie, il était resté jusqu’à sa mort le commandeur incontesté du groupe, aux avis très écoutés. Aucune décision ne pouvait être prise sans son aval. Ironie du sort, le patriarche de Fiat est mort le jour où la société familiale se réunissait à Turin, berceau de l’empire, pour décider du soutien financier à apporter au groupe, dont elle est le premier actionnaire indirect avec une part d’environ 30%. Son frère cadet, Umberto, 68 ans, longtemps contraint à rester dans son ombre, lui a succédé vendredi à la tête de la société familiale. Il aura la tâche de redresser la barre. En effet, la disparition d’Agnelli intervient alors que Fiat traverse la crise la plus grave de son histoire et que l’hypothèse d’une séparation de l’activité automobile, très déficitaire, du reste du groupe est de plus en plus ouvertement évoquée.
La grande question est de savoir quels moyens financiers la famille accepte ou peut mettre sur la table pour relancer l’empire qui accumule les mauvais résultats en raison essentiellement des déficits abyssaux affichés par sa branche automobile, Fiat Auto.
L’affaiblissement du premier groupe industriel du pays, non seulement en proie aux difficultés financières mais aussi aux critiques et polémiques en Italie au sujet d’un plan social contesté, a fini par attirer les convoitises. Cependant, les Agnelli semblent vouloir garder la main. C’est un plan de relance interne, fruit d’un compromis entre la direction de Fiat et les banques créancières du groupe, qui a aujourd’hui les faveurs.

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