Globalia quitte Fès et Agadir

Globalia quitte Fès et Agadir

Le contrat commercial signé entre la compagnie aérienne Globalia et le ministère du Tourisme arrive à échéance. Pour rester au Maroc, le transporteur espagnol fait désormais monter les enchères. Le ministre du Tourisme a usé de tous les moyens pour que la filiale de Travelplan maintienne Fès et Agadir, deux destinations en peine dans son plan d’exploitation. En vain. 
Seul l’axe Madrid-Marrakech, soit  75% du volume d’affaires de la compagnie sur le Maroc,  est maintenu, à raison de cinq vols par semaine.
 Pour tout le reste, Globalia réclame des gratifications supplémentaires, de l’argent, des facilités. «Nous ne devons pas céder à leur chantage, avertit Driss Faceh, président du CRT de Fès. «Pour 2004 et 2005, nous avons consacré à Globalia les meilleures conditions, jamais offertes à un TO ou à une compagnie aérienne ». Si le ministère du Tourisme avait accordé la subvention, ce n’était certainement pas pour que Globalia reste à Marrakech, ville plutôt bien desservie, mais surtout c’était pour venir à la rescousse d’Agadir et de Fès. Dans cette dernière destination, le taux d’occupation en moyenne évolue entre 35 et 40% actuellement. «Les contrats signés avec les TO devraient comporter plus de garanties, par exemple favoriser les villes non suffisamment desservies au lieu de Marrakech », déclare un opérateur gadiri qui requiert l’anonymat. Le mieux serait, suggère-t-il, de n’accorder de subventions que pour les destinations souffrant d’un déficit de programmation. Ce qui n’est pas le cas pour Marrakech.
 Dépêché à Madrid depuis lundi après-midi, le directeur général de l’ONMT, Abbès Azzouzi, chercherait actuellement de nouvelles alternatives. De nouveaux Tours opérateurs pourraient se voir invités à leur tour à programmer le Maroc.
Pour sa part, l’attitude de Globalia dont les responsables au Maroc sont injoignables, n’a rien de surprenant. Sur Agadir, la compagnie a limité ses programmations à la haute saison, entre juillet et août 2004. Depuis, plus rien. Pour Fès, Globalia n’est venu qu’au prix de mille précautions.
La compagnie qui a négocié un pactole de 15 à 30 millions de dirhams en termes de subvention, appelé «coûts marketing» dans le jargon ministériel, veut désormais plus.
Déjà en 2004 lors des négociations avec les hôteliers de Fès, la petite compagnie espagnole avait négocié bec et ongle pour mettre deux fréquences hebdomadaires sur Fès.
Les tarifs des packages avaient été négociés plusieurs fois. Adossé à Travelplan, Globalia avait proposé initialement une offre de 150 dirhams par jour pour les hôtels 2 étoiles et 450 dirhams pour les 5 étoiles. L’espagnol qui ne voulait pas céder a finalement dû engager des négociations individuelles  hôtel par hôtel.
Une convention finale avait été signée par la suite où les hôteliers s’engagaient à offrir une chambre gratuite sur huit occupées.
De même, Globalia avait obtenu que la publicité de l’opération soit faite dans le compte des hôteliers. Mais les exigences du transporteur espagnol ne se sont pas arrêtées là, Globalia ayant exigé et obtenu des professionnels la participation aux risques de vols. En fait, autant de garanties qui dédouanent le groupe espagnol, déjà subventionné, de tout risque commercial. L’offre sur Fès, couverte par un Boeing 737-800 visait la vente de 19.344 sièges entre 2004 et 2005. Sur Marrakech, Globalia , subventionné par le ministère et exonéré des taxes aéroportuaires et hôtelières, s’était engagé sur 20 000 clients dans un premier temps.
Au delà de ce problème posé par Globalia, c’est toute l’approche du ministère, à savoir programmation contre subvention, qui montre ses limites. La réunion prévue à la fin du mois, entre le Premier ministre, le ministre du Tourisme et les représentants de la profession, dans le cadre du Comité Stratégique du Tourisme, se penchera sûrement sur la question. A suivre.

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