High-tech : Au Japon, on ne délocalise pas le high-tech

Depuis le début de 2006, au moins vingt constructions de nouvelles usines au Japon ont été annoncées par de grands groupes nationaux, sur fond de reprise économique et d’explosion du marché mondial des produits high-tech.
Certes, les entreprises nippones assemblent en Chine ou dans d’autres pays asiatiques bon nombre de produits et n’hésitent pas à délocaliser leurs activités à faible valeur ajoutée. Mais elles retiennent jalousement au Japon la conception de leurs composants à haute technicité.
La plupart des nouveaux projets annoncés en 2006, qui engagent chacun de 10 à 180 milliards de yens (70 millions à 1,25 milliard d’euros) et vont créer plusieurs milliers d’emplois au total, sont l’oeuvre de sociétés des secteurs des technologies électroniques. «Matsushita», connu pour sa marque Panasonic, a ainsi mis en chantier la plus grande usine du monde de «dalles-mères» pour téléviseurs à écran plat plasma.
Il venait à peine d’inaugurer, toujours au Japon, un nouveau site similaire. Mais l’explosion du marché mondial des téléviseurs à écran plat et la nécessité de produire des dalles de plus grande taille l’ont contraint à lancer immédiatement un deuxième projet similaire.
Son compatriote «Sharp» est dans la même situation. Il va mettre en exploitation, en ce mois d’ août dans le centre du Japon, sa nouvelle usine ultramoderne de dalles à cristaux liquides (LCD) dites de huitième génération. Il prévoit déjà d’y installer une deuxième ligne de production d’ici mars 2007, et d’autres encore par la suite.
Dans les deux cas, le choix du Japon, où le coût de la main-d’oeuvre, très qualifiée, est pourtant élevé, s’explique par la volonté de garder à la maison les secrets de fabrication, clés de la compétitivité des groupes japonais.
«Il est plus rationnel de produire les dalles au Japon», explique une porte-parole de Sharp, Miyuki Nakayama. «D’une part parce qu’il y a une forte concentration d’entreprises qui développent les matériaux et technologies avancées relatives à cette activité, et d’autre part pour éviter la fuite des technologies et du savoir-faire», ajoute-t-elle.

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