Hôtels : mieux vaut être gestionnaire

Hôtels : mieux vaut être gestionnaire

Les propriétaires des hôtels engrangent moins de bénéfices que les gestionnaires. Dans la toute dernière étude du département des études et de la documentation de BMCE-Bank consacrée au secteur touristique, le diagnostic financier des différentes catégories composant la chaîne d’intervention dans l’hôtellerie apporte plusieurs révélations.
L’échantillon de l’enquête, qui  comprend 18 établissements clients de la banque, a été scindé en trois sous-groupes : propriétaires, gestionnaires et propriétaires et gestionnaires à la fois. D’après l’analyse il en ressort que les propriétaires et les propriétaires gestionnaires  affichent des ratios d’intensité capitalistique élevés. Normal, ce sont eux qui investissent, s’occupent de la construction et de l’aménagement des stations touristiques. «La majorité des investissements porte sur les immobilisations corporelles, notamment l’acquisition des terrains, la construction et les installations techniques », souligne l’étude. De telles charges font ressortir, chez les propriétaires, un ratio d’intensité capitalistique moyen de 371,4% en 2004. Le ratio moyen des dotations d’exploitation/chiffre d’affaires s’est établi à 33,5% en 2004.
Par ailleurs, l’étude note un niveau élevé de l’intensité capitalistique des propriétaires-gestionnaires «non performants », malgré sa diminution entre 2003 et 2004. Trois hypothèses sont mises en avant pour expliquer cette situation. Soit l’établissement hôtelier est en phase de démarrage et, par conséquent, le chiffre d’affaires est faible (cas de Ksar Mogador), soit l’établissement hôtelier peine à réaliser un chiffre d’affaires important par rapport à sa capacité litière (les cas de  Britannic Hotels et de Revly’s Marrakech). Dernier scénario, la réorientation stratégique comme celle que connaît Maroc Tourist. A contrario des deux catégories citées, les gestionnaires, faiblement capitalistiques, ont affiché un ratio moyen des dotations d’exploitation/chiffre d’affaires de 9,5% en 2004. L’on retrouve les mêmes disparités au niveau de la structure financière des trois catégories. Ainsi, en 2004, le ratio moyen de l’endettement net est de 322,4% chez les propriétaires contre 122,2% pour les propriétaires-gestionnaires. La forte intensité capitalistique des entreprises propriétaires, le niveau d’endettement élevé conjugués à  la faiblesse des capitaux propres ne peuvent que mettre en péril la solvabilité et la santé financière de ce type d’entreprises. Au final, la marge EBE moyenne des propriétaires-gestionnaires est plus intéressante, s’établissant à 28,1% en 2004. Les propriétaires se cantonnent, quant à eux, à seulement 16,9%, alors que  les  propriétaires-gestionnaires dits  non performants courent encore après des marges opérationnelles positives. Mais en dépit de l’amélioration de la marge EBE pour les propriétaires et les propriétaires-gestionnaires «non performants », les ratios de rentabilité financière étaient encore négatifs entre 2003 et 2004. Ce qui est loin du cas des gestionnaires, crédités d’une marge opérationnelle de 15,3% en 2004. En définitive, mieux vaut être gestionnaire que propriétaire des murs.

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