IAM doit revoir sa copie

L’ANRT (Agence nationale de réglementation des télécommunications) vient de statuer sur le dossier de la commercialisation des forfaits Internet. Son verdict n’a pas été sans réjouir Wanadoo Maroc. Fraîchement installée au Maroc, la filiale de France télécom, avait au début de l’année 2000 dénoncé les pratiques de Maroc Télécom, qu’elle juge déloyales compte tenu du pouvoir dont l’opérateur historique bénéficie.
Aujourd’hui, elle vient d’avoir gain de cause. «Wanadoo vient de marquer un point : l’ANRT a ordonné à l’opérateur national de revoir sa copie et de proposer une nouvelle offre financière», annonce l’opérateur Internet. A l’heure actuelle, l’opérateur historique s’abstient de donner le moindre commentaire sur cette question.
Il est tenu par ailleurs, sur exigence de l’ANRT, de proposer dans les trente jours, à compter de la date où la nouvelle décision fut communiquée, une nouvelle offre tarifaire. Elle doit, selon l’agence de régulation « permettre aux fournisseurs de services Internet de proposer, dans des conditions de rentabilité, des offres qui comprennent l’accès et la communication téléphonique ».
En attendant que Maroc Télécom dépose sa nouvelle offre et que l’ANRT l’examine pour y donner son avis, l’opérateur historique est dans l’obligation de «suspendre la commercialisation de ses forfaits Internet », source de conflit avec Maroc Connect, l’enseigne qui commercialise la marque Wanadoo. La nouvelle décision de l’ANRT a été prise sur la base d’un constat qu’elle a pu tirer. En effet, elle a conclu que la fourniture d’accès à Internet par les services de Maroc télécom ne pouvait être « viable » si elle n’était pas réconfortée par les recettes d’autres activités qu’elle assure.
Et pour arriver à cette résolution, en plus des informations qu’elle a recueilli auprès des deux parties (Wanadoo et IAM), le régulateur a lancé une enquête auprès d’un certain nombre de fournisseurs de services Internet. Il en a découlé que la rentabilité de trois parmi quatre forfaits que commercialise IAM n’était pas de mise, que les tarifs qu’il pratiquait étaient «anormalement» inférieurs à ce qu’il devait proposer compte tenu des coûts qu’ils généraient, que la réduction de 30% pratiquée par IAM sur les communication téléphonique (offre amis et famille) n’était soumise à une contrainte de volume minimal et que seules les subventions croisées lui permettaient de maintenir sa présence sur l’activité FSI de manière systématique et durable, chose qui était particulièrement contradictoire avec la limitation recommandée par l’ANRT quant à ce type de compensation. Economiquement, le tort de Maroc télécom a été prouvé. Il n’a plus de choix que se plier aux règles de la libre concurrence.

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