Incertitudes sur l’avenir de Vivendi

Tout porte à croire que Vivendi Universal, numéro 2 mondial de la communication traverse une crise dont les retombées en termes d’image seront lourdes auprès des actionnaires. Du moins, si l’on se fie aux informations rapportées par Le Monde dans son édition datée du mercredi 14 mai 2002.
Selon le quotidien français qui ne cite pas de sources, le groupe «était proche de la cessation de paiement à la fin de 2001. Le Monde affirme que Vivendi «a même affronté, à la fin de 2001, une grave crise de trésorerie, frôlant la cessation de paiement». Et d’ajouter que « les difficultés financières ne sont pas près de se dissiper. La maison-mère peut compter sur un financement autour de 2 milliards d’euros. Une fois déduites les charges financières (600 millions environ), les taxes (400 millions), et le dividende (un milliard), il ne reste rien».
Toujours selon le Monde, le géant mondial de la communication a dévoilé des chiffres un peu différents. L’autofinancement libre s’élève à 1,3 milliard d’euros. Une fois payé le dividende (versé lundi dernier), il reste à peine 300 millions pour un groupe qui réalise 28 milliards d’euros (de chiffre d’affaires,) dans les médias et la communication. Si l’on en juge par les propos du quotidien, le P-DG de Vivendi Universal Jean-Marie Messier « aurait renoncé à convoquer une nouvelle assemblée générale des actionnaires, après l’AG du 24 avril à l’issue de laquelle le groupe avait constaté un dysfonctionnement dans les votes, le conduisant à soupçonner un piratage ». Selon Le Monde, « des solutions auraient été trouvées pour contourner le rejet par les actionnaires de la résolution sur la création de stock-options, ce qui permettrait d’éviter une réunion d’actionnaires, de plus en plus mécontents de l’évolution du groupe». Rappelons à ce propos, que le Tribunal de commerce de Paris a autorisé le 2 mai, la tenue d’une nouvelle assemblée générale de Vivendi.
A voir de près, le groupe traverse une crise dangereuse. En effet, sa capitalisation boursière est inférieure à ses capitaux propres. Conséquence : les actionnaires ont perdu beaucoup d’argent. Au sein de la maison-mère, les réunions ne multiplient (Jean-Marie Messier, reçoit même les administrateurs un par un. Une tentative qui n’a pas pour autant calmer les esprits.
Aujourd’hui, les incertitudes pèsent sur l’avenir du groupe.
D’autant plus que les projets de Vivendi ne se déroulent pas dans de bonnes conditions : les autorités américaines de la concurrence bloquent la vente des spiritueux, les acheteurs de la presse professionnelle et médicale ne veulent plus conclure selon les mêmes conditions. Comment alors faire face à cette situation ? Le groupe épuise toutes ses lignes de crédit et vend un bloc de 9 % de sa branche Environnement. Plusieurs analystes estiment que même après avoir touché les 8milliards d’euros de la vente de Seagram fin décembre 2001, Vivendi devra vendre 5,5 % de son autocontrôle, début janvier pour retrouver l’équilibre. Ce qui déclenchera selon eux, la crise de confiance du marché.
La situation critique par laquelle passe Vivendi ne risque-t-elle pas d’influencer ses projets au Maroc? Difficile d’avoir le coeur net sur la question. Les langues ne se diluent pas rapidement autour du sujet. Les partenaires marocains du groupe manquent de visibilité. Ce qui est loin d’être rassurant.

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