La Samir gagne-t-elle du temps ?

La Samir gagne-t-elle du temps ?

La conférence de presse, organisée le mercredi 27 avril, par le raffineur national Samir marque un tournant dans la vie de l’entreprise. «Aujourd’hui, nous pouvons dire que Samir reprend son fonctionnement normal. Après le terrible incendie, nous avons récupéré notre régime plein de fonctionnement. Désormais nous comptons instituer des rendez-vous réguliers avec les analystes et journalistes au-delà des exigences habituelles de la part des sociétés cotées», précise Jamal Ba Amer, directeur général de Samir. Effectivement, le raffineur a livré à l’appréciation du marché ses réalisations opérationnelles à fin mars 2005.
Les indicateurs sont en amélioration. Au terme du premier trimestre 2005, la Samir voit ses ventes locales progresser de près de 26% à 1 312 KT, dans un marché en appréciation globale de 2,7% seulement. Sa part hors GPL s’en trouve élargie de 12 points à 84%. Le taux d’utilisation de l’outil industriel, mesuré par la disponibilité des unités pondérée par l’Equivalent Distillation Capacité (EDC), marque une amélioration annuelle de 32 points à 99% à l’issue du trimestre précédent, après le rétablissement des installations de Mohammedia. Les quantités de pétrole brut traité par la société s’établissent ainsi à 1 631 KT en mars 2005, en hausse de plus de 13% par rapport au volume raffiné un an plutôt.
Durant la même période, les importations se hissent à 67 KT, en progression de plus de 19% et concernent principalement le Gasoil 350 Particule Par Million (ppm). En revanche, les exportations se replient de 23% à 276 KT. En termes d’efficacité opérationnelle, la filiale du Groupe Corral affiche une marge d’exploitation de plus de 3% au premier trimestre 2005 contre une situation déficitaire une année auparavant. Cette évolution favorable découle de l’effet combiné de la hausse des revenus et d’une meilleure maîtrise des charges. À fin mars 2005, le résultat net de la Samir ressort à 178 millions DH contre  –7 Million DH  à l’issue des 3 premiers mois de 2004. « Cet accroissement s’explique principalement par la nette amélioration de l’activité opérationnelle et dans une moindre mesure par un résultat non courant de 65 Millions DH réalisé suite à la cession de la participation de la société dans le capital de Somirgy », ajoute Jamal Ba Amer.
Toutefois, le patron de Samir a été interpellé sur l’état d’avancement du tant attendu programme d’investissement. Une analyste de la place n’a pas manqué de rappeler les multiples reports dont souffre le programme. Devant démarrer en mars 2005, l’analyste s’interrogeait sur la concrétisation ou non dudit programme ! En guise de réponse, Jamal Ba Amer a tenu à souligner que mettre un doute sur la concrétisation effective du programme d’investissement, comme signé avec l’Etat marocain, ne serait pas juste. Le retard pris est dû au montage financier qui vient d’être bouclé. Ainsi, selon le responsable Samir, l’aspect financier est quasiment acquis. Il comportera trois tranches. La tranche locale portera sur 2 milliards de DH qu’Attijari Finance, banque conseil, se chargera de lever. La tranche internationale, quant à elle, sera conduite par BNP Paribas. Déjà, la Banque Africaine de Développement (BAD) a consenti un prêt de 58 millions dollars.
La banque italienne Satchi a pour sa part consenti un prêt de 250 millions de dollars…couverts par le gouvernement italien. Le prêt bénéficie de trois années de grâce et remboursable en 10 ans, sur 20 tranches. La troisième, et dernière tranche, est faite d’autofinancement, à hauteur de 35% du projet global, estime à 6 milliards de DH.
La quantité de  pétrole brut traitée a atteint 6,2 millions de tonnes, soit un accroissement de 40% en comparaison avec l’année 2003, marquant ainsi le retour au niveau normal de l’activité   de la société. Les ventes ont porté sur 6,3 millions de tonnes, enregistrant une croissance globale de +13%, + 6% sur le marché local et +70% à l’export. Cette bonne santé financière ainsi affichée devrait normalement permettre au raffineur de tenir enfin ses engagements. à moins que la sotie médiatique de son patron ne soit qu’une astuce pour gagner encore du temps.

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