L’agroalimentaire en mal d’équipements

L’agroalimentaire en mal d’équipements

L’agroalimentaire compte plus de 1600 entreprises qui représentent 25% des établissements industriels au Maroc. C’est dire combien il est essentiel à l’économie marocaine. Mais le secteur demeure en proie à une offre locale d’équipements extrêmement réduite, relève une récente étude de la Mission économique de l’ambassade de France. Les principales gammes de produits disponibles sont les équipements pour le froid (cloisons isothermes), les moulins, les fours de boulangerie et la chaudronnerie. Certaines sociétés produisent sous licence, mais dans l’ensemble, la qualité est largement inférieure aux produits importés et la production se limite à des équipements peu sophistiqués et donc peu coûteux. « Cette production locale ne permet pas de répondre aux investissements de modernisation des entreprises les plus puissantes, elle demeure cependant compétitive auprès des nombreuses PMI du secteur dont les capacités d’investissement sont réduites et les produits fabriqués peu exigeants en terme de process », précise l’étude. Mais l’accord d’association Maroc-Union Européenne qui prévoit la création d’une zone de libre-échange à l’échéance 2012 constitue un facteur très positif pour les constructeurs et exportateurs d’équipements européens. Il prévoit, en effet, un démantèlement progressif des droits de douane et contraint parallèlement les opérateurs marocains à se mettre à niveau pour se préparer à l’arrivée sur le marché marocain des produits importés. Depuis l’an 2000, la plupart des équipements en provenance de l’Union Européenne sont exonérés de droits de douane. Parallèlement, le Maroc poursuit progressivement sa politique de libéralisation qui génère des investissements importants de la part des opérateurs anciens ou nouveaux. Le marché des huiles végétales, dont les prix ont cessé d’être fixés par l’Etat en 2000, a, par exemple, vu plusieurs opérateurs moderniser leurs unités de production ou construire de nouvelles usines. L’industrie sucrière, dont les quatre entreprises étatiques doivent être privatisées à court et moyen termes, constitue également un secteur où les flux d’investissements sont réguliers, d’autant que le seul opérateur privé, la COSUMAR, modernise en permanence ses moyens de production. D’autres secteurs, comme la production viticole où les opérateurs se sont lancés dans une politique d’amélioration de la qualité, ou la boulangerie industrielle qui se développe depuis peu au sein d’une filière céréalière qui pourrait être libéralisée à moyen terme, laissent présager des perspectives intéressantes pour les équipementiers étrangers. Les années 2002 et 2003 ont, par ailleurs, été marquées par la reconfiguration du secteur des boissons avec l’apparition de quasi-monopoles et l’arrivée sur le marché des boissons gazeuses de nombreux concurrents. Ces opérations s’accompagnent d’investissements souvent lourds destinés à créer ou moderniser les outils de production. Le marché de la distribution est, quant à lui, partagé entre distributeurs indépendants et commandes directes L’importation et la distribution des équipements agroalimentaires s’effectuent selon deux canaux bien distincts, celui des importateurs indépendants et celui des commandes directes. Le premier canal est privilégié par les PME-PMI dont les investissements sont limités et qui évitent par ce moyen de s’occuper des formalités administratives d’importation. Les plus grandes entreprises ont également recours à ces importateurs pour des achats ponctuels ou lorsque l’importateur est l’agent exclusif d’une marque au Maroc. « En revanche, les grandes sociétés préfèrent commander directement leurs matériels aux fabricants lorsqu’il s’agit d’usines ou de chaînes complètes », indique l’étude. Si tout porte à croire qu’un sursaut en matière d’équipements est à prévoir, l’industrie en tant que telle demeure limitée par plusieurs handicaps. Composée exclusivement de PMI (96%), cette industrie ne réalise que 47% de la production, les 53% restants étant assurés par les 51 sociétés employant plus de 200 personnes. Ayant réalisé en 2000 un chiffre d’affaires de 58 milliards de dirhams, le secteur reste marqué par une dichotomie très nette entre les deux sous-secteurs réellement exportateurs : les produits de la mer et les conserves végétales, avec 4 et 3 milliards de dirhams de produits exportés en 2000, et les autres branches dont les exportations sont quasi-nulles.

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