Le marché : Des marchés rassurés mais prudents

Semaine de soulagement sur les places internationales : le spectre de la crise pétrolière s’est évanoui, la reprise économique se confirme et les premiers résultats des entreprises sont moins décevants que prévu. Les indices terminent tous dans le vert : le CAC 40 s’adjuge plus de 3%, le Footsie londonien 1,6%, le Nikkei, lui s’est envolé de 5% tandis que le standard & Poor’s américain – qui compte 500 valeurs – restait plus sage, se contentant d’une progression d’un peu plus de 1%.
Les nouvelles du front macroéconomiques ont été rassurantes. La production industrielle américaine a augmenté de 0,7% en mars par rapport à février. À 75,4%, le taux d’utilisation des capacités industrielles progresse de 0,5%. Le FMI s’est mis de la partie qui anticipe, lui aussi, une robuste progression de la croissance mondiale en 2002. Et pour que la fête soit totale, les prix sont restés sages. L’inflation, hors énergie et alimentation, n’a pas dépassé 0,1% aux Etats-Unis.
Alan Greenspan a dit sa satisfaction aux membres du Congrès le 17 avril. Mais, comme à son habitude, il a émis une petite réserve : il ne se prononcera définitivement sur la pérennité de cette reprise que lorsqu’elle ne dépendra plus de la reconstitution des stocks qui avaient sévèrement chuté en 2001. Au grand plaisir des investisseurs, il en déduit que rien ne pressait pour augmenter les taux directeurs de la Fed. Une chose est sûre: l’économie mondiale a complètement effacé les séquelles économiques du drame du 11 septembre.
Reste donc un ingrédient essentiel pour que les bourses repartent de l’avant : les résultats des entreprises. Un tiers des sociétés du Standard & Poor’s ont publié les leurs ils sont mitigés, mais pas franchement mauvais. Surtout, ils laissent entrevoir une nette reprise des profits pour le deuxième trimestre 2002.
Si le conglomérat General Electric ou le n° 1 mondial de la pharmacie Pfizer, après IBM, ont déçu, de nombreuse blue chips, traditionnelles ou technologiques, ont rassuré les marchés : Coca-Cola, Général Motors, Texas Instruments, Intel. En Europe, Philips est en net redressement. Le secteur bancaire français est en pleine ébullition : Dexia affiche sa volonté de parvenir à un partenariat avec la Société Générale ou le Crédit Lyonnais. Le secteur des télécoms s’est lui-même offert un beau rallye : France Telecom, Telefonica, Vodafone, Deutesche Telekom ont été de la fête.
Il convient cependant de se garder de toute euphorie. Les valeurs étant correctement évaluées, elles sont sensibles à la moindre mauvaise nouvelle venant des entreprises. Dans la phase actuelle de début de cycle, les analystes privilégient les valeurs industrielles – les produits de base ayant, eux, épuisé leur potentiel de hausse – avant de se positionner dans une deuxième phase à venir sur les technologiques, les télécoms et le pétrole.

Par Raphaël Mergui

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