Le marché : Légitime ou pas ?

La perte de confiance des petits porteurs dans la transparence du marché boursier casablancais, fait qu’ils commencent à douter de tout et de rien. Dès qu’il y a une opération qui déroge à la règle, ils manifestent leurs colères et crient au scandale. Dans un tel contexte, ces petits investisseurs s’interrogent même sur leur véritable place au sein de la communauté boursière. Ils estiment que leurs poids ne leur permet guère d’influencer l’ordre des choses. Le cas de la cession des participations de l’ONA dans Eqdom pour le compte de la Société Générale attise leur colère. Pour les plus avertis, ce n’est pas une première. Voyons de près.
Le holding marocain vend au prix fort à la banque française, qui met les bouchées doubles pour consolider ses positions sur le secteur de crédit à la consommation via sa filiale marocaine. Dans cette affaire, les petits porteurs veulent, eux aussi, liquider leurs actions au prix convenu entre les deux parties. L’éventualité que le groupe français, maison-mère de la banque marocaine SGMB entamera une opération de ramassage pour pouvoir prendre le contrôle total de la financière, induit des réactions sévères chez ces investisseurs. Ces derniers estiment qu’ils seront lésés dans cette affaire, s’ils ne peuvent pas vendre au même prix.
Comment alors qualifier ces réactions dans l’environnement actuel? Légitimes, peut être. Mais c’est oublier, qu’ils ont accepté dès le début les modalités de la loi du marché boursier, selon laquelle, le prix dépend d’une offre et d’une demande. C’est aussi simple que ça. Il ne faut pas perdre de vue cet aspect décisif, qui fait qu’il y est même un marché. Dans ce sens, des petits porteurs ne saisissent pas en fait, qu’au moment où la Société Générale se présentera sur le marché pour acquérir des actions Eqdom, elle ne pourra le réaliser qu’en fonction des offres de prix des investisseurs. Chaque candidat peut offrir ses actions à la vente au prix qu’il juge intéressant. Dans le cas d’espèce, les réactions sévères des petits porteurs ne sont même pas fondées aux yeux de plusieurs intervenants de la place. Puisque, l’accord conclu entre les deux parties ONA et la Société Générale s’inscrit de fait dans la légalité des pratiques boursières qui, avouons-le, ont toujours manqué de clarté et de transparence.

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