Le sud veut sauver les négociations avec l’OMC

Mi-septembre à Cancun (Mexique), les pays du Sud ont volé la vedette en rejetant un projet de relance des négociations trop indulgent à leurs yeux pour les subventions agricoles des pays du Nord. Mardi, les 146 pays membres de l’OMC se retrouveront à Genève pour leur première réunion informelle depuis Cancun. Ils ont théoriquement jusqu’au 15 décembre pour trouver les moyens de redonner vie au cycle de négociations de Doha avant la date butoir de fin 2004. Mais l’OMC reconnaît désormais que cette date est illusoire. Son directeur général adjoint, Roderick Abbott, a estimé lundi à Paris qu’il est « plus que probable » que les négociations s’étaleront « jusqu’à la moitié ou la fin de l’année 2006 ». La fin de 2004, terme du cycle de Doha, coïncidera en effet avec une élection présidentielle aux Etats-Unis et l’avènement d’une nouvelle commission européenne. « Il serait préoccupant que l’UE et les Etats-Unis se désintéressent de l’OMC », redoute l’ambassadeur du Chili, Alejandro Jara. Les quelque vingt pays en développement du « G2O+ » qui se sont ligués contre les pays riches à Cancun « s’inquiètent de l’interruption du processus car ils réalisent qu’ils en subissent au premier chef l’impact négatif », comme l’admet Alfredo Chiaradia, l’ambassadeur de l’Argentine, l’un des principaux membres du G20+ avec la Chine, le Brésil, l’Inde et l’Afrique du Sud. Pour autant, le G20+ n’a pas de projet global de relance des discussions et se cantonne à exiger la fin des subventions agricoles des pays riches. « Une initiative n’est pas sur la table », reconnaît-il, précisant que le groupe s’est refusé à élargir ses revendications au-delà de l’agriculture afin de rester uni.

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