Les crédits bancaires s’accrochent malgré la détérioration du risque

Les crédits bancaires s’accrochent malgré la détérioration du risque

Aussi, les Marocains s’endettent chaque année un peu plus auprès de leurs banques. À leur tour, ces dernières grignotent des parts de marché aux sociétés de financement.

C’est ainsi que l’encours des crédits bancaires a atteint à fin juin dernier un montant de 776,123 milliards de dirhams, soit un bond de 20,875 milliards de dirhams en comparaison à juin 2014, favorisés par une reprise notable des crédits à l’équipement et des crédits immobiliers, mais surtout celle des crédits à la consommation. Ainsi, selon les indicateurs clés des statistiques monétaires du mois de juin 2015, publiés par Bank Al-Maghrib, l’encours des crédits bancaires, à la fin du sixième mois de l’année 2015, serait en hausse de 2,8% par rapport à la même période en 2014.

À ce titre, le classement par objet économique laisse paraître une sérieuse hausse des crédits à la consommation qui ont enregistré à fin juin 2015 un encours de 45,777 milliards de dirhams se bonifiant ainsi d’une hausse de 14,8%, comparé aux résultats du mois de juin 2014, souligne Bank Al-Maghrib. Pour sa part, les crédits immobiliers enregistrent une hausse importante de 2,2% entre le sixième mois de 2015 et celui de 2014. Ils ont, en effet, atteint à fin juin 2015 un montant de 239,952 milliards de dirhams, en hausse de 5,905 milliards de dirhams, comparé à l’encours enregistré à fin juin 2014.

Toutefois, ils ont largement été impactés par un ralentissement des crédits aux promoteurs immobiliers qui ont marqué un recul conséquent de 8,5% d’une année à l’autre. Ce recul se traduit clairement par la morosité que connaît le secteur immobilier qui s’est tourné vers la commercialisation avec un ralentissement de l’investissement.

S’agissant des crédits à l’équipement, Bank Al-Maghrib relève une hausse assez timide de 2,1% entre l’encours enregistré à fin juin 2015 et celui de fin juin 2014. Ainsi, ils ont atteint, au sixième mois de 2015, un encours de 143,709 milliards de dirhams, en hausse de 2,995 milliards de dirhams, en comparaison à celui enregistré le même mois de l’année précédente. Dans le même volet, les créances en souffrance poursuivent leur ascension fulgurante s’inscrivant à 55,319 milliards de dirhams à fin juin 2015, en hausse de 7,087 milliards de dirhams, comparé à fin juin 2014. Il s’agit, par ailleurs, d’une hausse conséquente de 14,7% enregistrée à fin juin 2015, en comparaison à la même période de l’année 2014.

Par ailleurs, dans son commentaire, Bank Al-Maghrib relève que l’accélération du crédit bancaire est attribuable principalement à l’accroissement de 13,2% des concours à caractère financier, après une baisse de 0,9% en mai 2015, et dans une moindre mesure, à l’accélération du rythme de progression tant des crédits à la consommation que des prêts à l’équipement respectivement à 14,8 et à 2,1% contre 11,8 et 1,9%. S’agissant des autres composantes du crédit, les concours immobiliers ont vu leur taux de progression décélérer de 2,7 à 2,2%, tandis que le repli des facilités de trésorerie s’est accentué de 2,1 à 4% en juin.

Par secteur institutionnel, Bank Al-Maghrib souligne que les crédits au secteur privé ont accusé un ralentissement de 1,7 à 0,9%, traduisant le ralentissement de 5,2 à 4,5% du taux de progression des prêts aux ménages et l’accentuation de la baisse des concours aux sociétés non financières privées de 1,1 à 1,9%. De même, les crédits aux sociétés non financières publiques ont affiché une décélération de 9,2 à 8,2%.

De même, par branche d’activité, les données du crédit bancaire disponibles selon une fréquence trimestrielle font ressortir, en glissement annuel et comparativement à mars 2015, une accentuation de la baisse des crédits aux «industries manufacturières» de 4,6 à 9,3% et de ceux au secteur du «BTP» de 1 à 5,3%.

De même, les prêts alloués au secteur du «commerce» ont accusé une baisse de 2,8% après une hausse de 4,7% un trimestre auparavant et les concours destinés à la branche «électricité, gaz et eau» ont décéléré de 24,6 à 12,2%. En revanche, les crédits destinés aux «transports et communications» ont progressé de 17,3% contre 6,4% enregistré en mars 2015.

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