Les fonds d’un vrai scandale

Les fonds d’un vrai scandale

Le promoteur défaillant Azzedine Lakhouaja devait pour la deuxième fois être présenté hier, 7 septembre 2005,  devant le procureur du tribunal de première instance d’Agadir. Placé en garde à vue depuis lundi, l’ancien partenaire du groupe Dallah Al Baraka est poursuivi au pénal. Il devra répondre de plusieurs actes, des détournements de fonds en particuliers.
D’autres plaintes sont en cours et entre autres une plainte pénale à l’encontre de Lakhouaja déposée par l’Office des Changes pour sortie de fonds illicite à l’extérieur du Maroc, ainsi que pour détournement de fonds, faux et usage de faux, escroquerie, plainte déposée par Cheikh Salah  Kamel.
Pour l’hôtel Palais des Roses, miné par ce conflit depuis son ouverture il y a trois ans, ce procès est le début du retour à la normale. C’est aussi la suite logique de la décision du tribunal d’Agadir, en date du 11 mai 2005, pour l’éviction de la société Helios de l’hôtel Palais des Roses. Auparavant, M. Lakhouaja aurait tenté l’impossible pour rester maître de l’hôtel.
D’abord, en s’opposant mordicus à l’augmentation de capital, demandée par son partenaire et promoteur de Dallah Al Baraka,  Cheikh Salah Kamel, pour solutionner le grave problème des fournisseurs et entreprises qui n’avait pas été réglé par Lakhouaja depuis 2003. Puis, en menant une véritable contre-offensive dans certains journaux acquis à sa cause. Mais malgré toutes ces tentatives, la Cour d’appel de Marrakech confirmera le jugement de première instance, retirant ainsi tous les pouvoirs à Lakhouaja  en tant que président du Conseil d’administration de la société Palais des Roses International, et les a donnés à Ahmed Ahmed, représentant de Dallah Al Baraka au Maroc.
De son côté, la Cour d’appel de Marrakech donnera son accord,  le 26 avril 2005, à l’augmentation de capital proposée par Cheikh Salah Kamel,  portant ainsi le capital de la société PRI de 41.740.000 DH à 111.740.000 DH. N’ayant pas suivi, les parts de Lakhouaja sont tombées de  48 à 9,97% !
La suite est connue depuis le 11 mai 2005. La société Helios est évincée de l’hôtel Palais des Roses par la petite porte.
En tout cas, l’égyptien Ahmed Ahmed, fondé de pouvoir et représentant du Cheikh Salah Kamel, est en plein exercice d’apuration de dettes et d’arrièrés de paiement. Un montant de 1,5 millions de dollars a été déjà débloqué dans ce sens pour régler les ardoises laissées par M. Lakhouaja : banques, salaires, CNSS et impôts.  A se demander où sont partis les recettes engrangées par l’hôtel du temps où celui-ci était géré directement par l’ex-associé du Cheikh! Au plus mal lors de l’éviction manu militari du Dr Lakhouaja, les comptes de la société Palais des Roses International (PRI), gestionnaire de l’établissement sont en pleine épuration. Rappelons que c’est  Helios, entreprise appartenant au docteur Azeddine Lakhouaja, qui avait pris en location l’hôtel Palais des Roses International. L’entreprise oubliait-elle de s’aquitter du loyer de l’hôtel dont le montant est de 48 millions de dirhams TTC ? C’est ce que tendrait à prouver l’examen de l’Actif et du passif de l’entreprise pour l’exercice 2004.
Ce dossier, qui a empoisonné l’actualité touristique deux ans durant, se refermera certainement avec le règlement du litige qui a opposé Rochdi El Bouab, président de la société Palm Dorint Hotels et le docteur Lakhouaja. N’est-il pas démontré aujourd’hui avec le non-paiement des loyers que dès le départ, tout était manigancé pour sortir Palm Dorint Hotels et reprendre une affaire finalement justeuse ?
La toute dernière augmentation de capital à hauteur de 305 millions de dollars US, que vient de faire Cheikh Salah Kamel , permettra sans doute au groupe Dallah Al Baraka de sortir le Palais des Roses d’un mauvais feuilleton qui n’a que trop duré et de l’inscrire définitivement dans une logique d’entreprise.

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