L’Espagne coupe la route aux marocains

L’affaire est scandaleuse. Elle ne fera qu’envenimer les relations maroco-espagnoles. Cette fois-ci, le voisin ibérique a fait vraiment fort. Mais il n’est pas à son premier coup en la matière. Sans aucun scrupule, les autorités de contrôle espagnoles ont bloqué encore une fois les produits marocains qui devaient être exposés au Salon Alimentaria, spécialisé dans l’industrie agroalimentaire à Barcelone du 4 au 8 mars.
Le pavillon marocain aménagé et agencé n’attendait que les échantillons des produits. Ces derniers n’ont été débloqués par la douane ibérique que dans l’après-midi du 6 mars. La Fédération des Industries de la Conserve et des Produits Agricoles (FICOPAM) précise que les produits, prospectus, conserves de légumes ont été déposés au niveau de la douane espagnole plusieurs jours auparavant. Des délais largement suffisants, affirme la FICOPAM.
Selon Abdelhak Bennani, président de la Fédération, «les autorités ibériques justifient le blocage des produits par l’absence de tests d’analyse relatifs aux produits qui seront exposés». «Quels tests avons-nous besoin quand il s’agit de boîtes de légumes vides », se demande-t-il sur un ton ironique.
Pour les industriels nationaux qui ont pris l’option de participer à cet événement, le manque à gagner est énorme. Il faut reconnaître que les premiers jours sont considérés par les exposants comme étant les plus importants où la qualité et la densité de l’affluence présentent un intérêt certain. Du moins, si l’on en juge par les propos des membres de la FICOPAM. Le pavillon marocain s’est trouvé à moitié vide. Plusieurs industriels ont abandonné leurs stands. « Les sept exposants marocains qui ont pu prendre part à ce Salon ont détourné la douane espagnole. En fait, ils ont pu faire rentrer leurs produits à travers d’autres pays européens », souligne M. Bennani. Comment dans ce cas de figure parler du succès de la participation marocaine à cette manifestation internationale comme l’ont rapporté certains médias, s’interroge légitiment la FICOPAM.
La Fédération a d’ailleurs rédigé un plaidoyer dans ce sens où elle met les points sur les « i » après le traitement réservé par les autorités espagnoles aux opérateurs marocains. La Fédération a avisé les autorités de tutelle sur place pour prendre ses responsabilités. Une chose est sûre. Après ce qui s’est passé à Alimentaria 2002, les industriels de l’alimentaire auront du mal à participer à l’édition prochaine.

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