L’euro, une bonne nouvelle pour le Proche-Orient

L’avènement de l’euro devrait susciter pour de nombreux pays du Proche-Orient une augmentation des échanges avec l’Union Européenne, mais à condition que les entreprises de la région soient en mesure de faire concurrence aux produits européens, relèvent jeudi certains analystes. Les économistes de la région s’accordent pour estimer que l’impact de l’avènement de la monnaie unique sera progressif. Les premiers pays affectés seront ceux du bassin méditerranéen susceptibles de faire partie d’une zone de libre échange avec l’union européenne, prévue pour l’horizon 2010.
L’Egypte, la Jordanie, le Maroc, Israël et l’autorité palestinienne ont déjà conclu des accords d’association économique avec l’UE, alors que la Syrie est en train de négocier. l’Algérie a déjà paraphé un accord en décembre et le Liban doit le faire le 10 janvier à Bruxelles. L’euro va «renforcer la croissance en europe, ce qui conduira à une plus grande demande pour les produits et services des pays partenaires et accroîtra les exportations méditerranéennes», a estimé le commissaire européen chargé des affaires monétaires, M. Pedro Solbes, dans un communiqué reçu par l’AFP. «Il n’y a qu’un seul marché à pénétrer au lieu de douze (faisant partie de la zone euro)», fait-il valoir. Névine Al-Tahry, de la banque Abn-amro du Caire, confirme ce scénario pour l’Egypte, l’UE absorbant à elle seule 46% des exportations égyptiennes qui totalisent 4,97 milliards d’euros. Les transactions égyptiennes avec l’UE se font généralement en dollars. Les règlements en euros faciliteraient les échanges tout en permettant de réduire les frais de change, précise Mme Al-Tahry. l’Euro est également perçu comme un facteur de stabilité pour le marché monétaire égyptien qui utilise à présent le dollar comme seule monnaie de référence. La livre égyptienne a été dévaluée de 7,77% par rapport au billet vert le 12 décembre, passant de 4,15 à 4,50 livres pour un dollar, sa troisième dévaluation depuis le début de l’année. M. Solbes note cependant que l’introduction de la monnaie unique va également «diminuer les coûts des transactions dans la zone euro, ce qui va réduire les prix et accroître la compétitivité des entreprises dans la zone». il a invité les partenaires méditerranéens de l’UE à procéder à des réformes économiques pour améliorer leur compétitivité avant le rendez-vous de 2010, lorsque les barrières douanières seront en principe éliminées. M. Florence Eid, professeur d’économie de l’université américaine de Beyrouth, confirme l’existence «d’un problème de compétitivité» pour les entreprises du Liban dont 80% des échanges se font avec l’UE. Dans l’immédiat, l’apparition de l’euro ne devrait pas changer grand chose au Liban, son économie ayant adopté le dollar comme principale monnaie de référence et le billet vert étant accepté pratiquement dans toutes les transactions. pour que l’effet euro se fasse pleinement sentir, la Jordanie attend l’entrée en vigueur de l’accord d’association avec l’UE qui doit encore être ratifié par le parlement belge. «C’est seulement l’application de l’accord d’association qui peut permettre une augmentation de la demande en euros, avec l’élimination des barrières douanières entre la Jordanie et l’UE», a estimé l’économiste Fahed Fanek. En Syrie, l’impact de l’euro sur le renforcement du poids politique de l’Europe intéresse tout particulièrement, damas étant un critique déclaré du soutien américain à Israël.

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