Lutte anti-piratage : Mission impossible ?

L’Alliance des éditeurs de logiciels (BSA) au Maroc revient à la charge et dresse une nouvelle stratégie pour lutter contre le piratage informatique, qui sévit dans le pays. À l’appui de cette nouvelle démarche, la dernière étude sur le piratage informatique, menée conjointement par BSA et IDC, un cabinet indépendant, et qui met le Maroc dans une position catastrophique en matière de piratage des logiciels : évalué à 82% en 1994, le taux du piratage avait chuté de 24 points s’affichant à 58% en 2002, mais a rapidement repris ses performances pour se situer à 73% en 2003.
En d’autres termes, moins de 27% des logiciels vendus chez nous sont des originaux. Ce chiffre place ainsi le Maroc au palmarès des pays qui ont les 20 taux les plus élevés dans le monde, et la 8e position sur les 23 pays de la zone Afrique et Moyen-Orient (MENA)…
Pour l’année 2005, l’alliance compte mettre en oeuvre une nouvelle stratégie de lutte contre le piratage informatique. C’est Nadia Benbahtane, nouveau porte-parole de BSA, qu’il l’affirme. Dans un premier temps, BSA compte s’attaquer aux revendeurs de matériel informatique. Objectif : les sensibiliser sur la nécessaire intégration de la notion du copyright dans leur commerce. Une campagne est prévue dans ce sens à partir du mois de novembre. La stratégie globale s’articulera comme d’habitude sur trois points. Outre la sensibilisation, qui concernera dans un second temps les PME-PMI, l’axe majeur se rapporte à une étroite collaboration avec le gouvernement.
L’objectif, bien entendu, est que celui-ci engage (et applique) enfin une véritable politique de lutte contre le phénomène. Un aspect important, si l’on croit le nouveau porte-parole de la BSA qui précise que « seule une volonté politique ferme pour combattre le piratage est à même à lutter efficacement contre le fléau ».
Enfin, la BSA compte poursuivre en parallèle la traditionnelle voie judiciaire, qui consiste à appuyer les membres de l’alliance dans les litiges qui les opposent en matière de copyright. L’approche adoptée par cette dernière est double : engager les poursuites judiciaires contre les contrevenants, mais aussi tenter d’ouvrir des voies de dialogue avec les entreprises, principales destinataires de ces produits.
Rentrent dans le cadre de cette seconde catégorie, les accords à l’amiable. Au lieu de lancer des poursuites en justice aussi longues qu’inefficaces, les deux parties tentent l’arrangement à l’amiable. Si l’impact de cette approche reste incertain, elle a le mérite d’être plus en phase avec la réalité du terrain.
En tout cas, à la BSA, on y croit encore, car «les méthodes musclés ne riment pas nécessairement efficacité», tient à préciser Mme Benbahtane. Autre nouveauté dans le cadre de la nouvelle stratégie de la BSA, l’ouverture de l’alliance sur les éditeurs de musique. Même si Mme Benbahtane ne situe pas précisément les contours de cette nouvelle association, l’initiative, dans l’absolu, est à saluer.
Reste l’attitude que va adopter l’Etat. Aujourd’hui, après des années de laxisme, on cherche à rectifier le tir. Au menu : des circulaires, des décrets, des commissions et un discours nouveau, ALE et autres accords de libre-échange obligent. Sur le terrain, les choses tardent à changer. Pour pas longtemps, espérons-le.

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