Maroc-UE : le secteur agricole en question

Maroc-UE : le secteur agricole en question

Les préparatifs vont bon train pour la libéralisation des échanges agricoles entre le Maroc et l’Union européenne. Une réunion s’est tenue, mercredi dernier, au ministère de l’Agriculture pour préparer le terrain à de prochaines tractations sur la libéralisation du secteur agricole. Une libéralisation qui concernera notamment les produits agricoles frais, les produits agricoles transformés et l’on y a ajouté les produits de la pêche. L’objectif à terme est en fait d’arriver à libéraliser tout le secteur.
Cette rencontre, qui a duré trois heures, a réuni des experts marocains et européens. Selon un responsable du ministère de l’Agriculture, du Développement rural et des Pêches maritimes, il ne s’agit-là que d’une simple prise de contact entre experts marocains et européens et non pas de négociations en bonnes et dues formes. En tous les cas, cette rencontre n’est que la première d’une série de réunions prévues dans les semaines à venir. C’est dire que les négociations ne seront pas de tout repos. L’enjeu est en effet de taille. Il s’agit en fait d’installer un nouveau consensus avec une nouvelle approche convenue par les deux partenaires: celle de la liste négative. Un nouveau cadre qui constitue un revirement complet dans l’approche de négociations du Maroc avec l’Union européenne.
Le Maroc va, en effet, dans le sens d’un nouveau consensus en ce qui concerne le principe de libéralisation progressive de tout son secteur agricole. Ainsi, au lieu de négocier la libéralisation du secteur agricole produit par produit (ce qu’on appelle la liste positive), le Maroc devra, dans ce nouveau cadre, lister ses «produits sensibles». Des produits qui ne pourront en fait pas être intégrés dans la logique de l’ouverture tarifaire. Il s’agit donc de négocier la libéralisation à venir globalement, en installant des exceptions pour certains secteurs sensibles. La liste négative va ainsi englober tous les secteurs sensibles, notamment les céréales, les viandes, les élevages et produits laitiers, les légumineuses, certains fruits notamment les pommes et éventuellement les produits sucriers.
Ces produits doivent par ailleurs faire l’objet de mesures d’appui au processus de réforme pour les mettre en situation d’ouverture plus grande et plus compétitive.  Notons que les professionnels du secteur agricole suivent de très près les tractations qui sont en cours entre le Maroc et l’Union européenne. Ils sont en fait partie prenante de ces négociations. Les listes des produits sensibles se feront d’ailleurs en concertation avec les opérateurs du secteur. Selon Ahmed Darrab, secrétaire général de l’Association des producteurs d’agrumes au Maroc (ASPAM), «cette nouvelle approche doit être accompagnée d’une mise à niveau des filières qui seront affectées.
Il faut demander des exceptions pour permettre à ces filières de se préparer à l’échéance de 2012». pour les autres filières déjà en avance, elles doivent, quant à elles, conforter leurs positions et se renforcer d’avantage. Ce premier rendez-vous doit donc permettre au Maroc de négocier des ouvertures ambitieuses sur l’Union européenne et pourquoi pas de décrocher des partenariats pour aider à accélérer les réformes agricoles.

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