Nouveau nid d’un oiseau migratoire

Mohamed El Achak fut un bachelier pas tout à fait comme tous les autres. Sa formation à l’école italienne de Tanger le prédestinait depuis son jeune âge à faire des études supérieures en Italie. Tout était bien tracé dans sa tête et dans celle des parents d’ailleurs.
Une fois son baccalauréat en poche, il s’envole à Turin dans le Nord-ouest d’Italie pour y suivre une formation universitaire en informatique. Les six ans d’études terminés, il choisit de s’installer là où il se sentait chez-lui. « Je n’ai jamais goûté à la discrimination par rapport à la communauté italienne. Je maîtrisais leur langue, connaissais parfaitement leurs habitudes et appréciais leur façon de vivre », avance M. El Achak. Le temps passe, dix-huit ans plus précisément et le jeune Marocain ne songea guère à rentrer au pays pour y faire sa vie. Seules les quelques visites annuelles qu’il effectuait au Maroc le liaient au cordon familial et au circuit restreint d’amis qu’il y avait. Sa vie, il l’a faite la-bàs. Marié à une italienne, il fait avec elle deux enfants. Amina, une fillette de quatre ans et Ahmed un enfant de deux ans. « Déjà étudiant, je commençais à travailler pendant les vacances. Je faisais des stages ici et là pour pouvoir approcher de près la vie de l’entreprise dans le pays où je vivais….Sans m’en rendre compte, je me suis retrouvé accroché à ce pays ». Attaché, il l’est, de par les dix-huit ans qu’il y a vécu, et la double nationalité mentionnée noir sur blanc sur ses papiers d’identité.
Le hasard est curieux, dit-on. L’amitié que ce Maroco-italien a tissée avec deux jeunes Marocains a été en mesure de lui faire changer de « principe ». Elle a révélé en lui un sentiment caché, des années pendant, au fin fond de ses pensées. Celui de rentrer au bercail et de s’y installer définitivement. Avec ses amis, il a pensé monter une affaire au Maroc, spécialisée dans l’informatique industrielle. Le choix porté sur l’activité était inévitable puisque tous les trois avait des connaissances dans ce domaine.
Informaticien industriel, les deux autres étaient respectivement, ingénieur en énergie et ingénieur en nouvelle technologie. Ce dernier était actionnaire dans une entreprise italienne du nom d’IPSA opérant dans l’automation industrielle. Aussitôt avisée de leur projet, elle exprima son intérêt pour s’associer à leur affaire. A la fin de l’année 2000, le montage financier d’IPSAMAR était fignolé. Les aller-retour de Mohamed El Achak au Maroc se sont multipliés. « Il fallait se déplacer souvent, être présent sur le terrain, prendre contact avec des opérateurs marocains des domaines publics et privés.
On ne pouvait pas d’un jour au lendemain venir s’installer sans se forger une idée précise sur la conjoncture, les opportunités et les failles qui caractérisent le pays », explique M. El Achak, D.G d’IPSAMAR. Des mois ont été consacrés à cette mission. Aujourd’hui, l’entreprise est opérationnelle. Elle vient de fêter ses deux mois d’activité.

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