Pêche pélagique : Le plan d’aménagement adopté

Il aura fallut près de six mois de tractation pour que le plan d’aménagement de pêche pélagique voie enfin le jour. Le texte vient de réunir toutes les approbations nécessaires et « la décision a été signée », confie Omar Akouri, président de la Fédération de la pêche maritime et des aquacultures. La décision a été entérinée, vendredi 13 avril, mais le plan n’a pas encore été publié. «Il le sera dans les quelques jours à venir», ajoute M. Akouri qui précise que le projet a été retenu dans sa mouture initiale.
Le projet de plan mis sur la table de discussion n’a subi aucun amendement, dit-il en substance. «La seule inconnue qui reste concerne les modalités de son application», affirme-t-il. La répartition des quotas et les autres axes importants du plan sont restés les mêmes que ceux évoqués dans le projet.
Selon certaines sources, la mise en œuvre du plan pélagique serait graduelle. En première étape, il sera procédé au lancement d’appels d’offres pour l’attribution des quotas de pêche. Objectif étant de «ne pas commettre les mêmes erreurs que par le passé, où l’on avait développé des situations de rente qui continuent encore de polluer le secteur», explique-t-on.
Les attributions se feront, ajoute-t-on, selon des cahiers des charges.
À rappeler que le plan avait obtenu, depuis le début de ce mois, l’accord de principe des différents partenaires sur les principaux points du texte. Il n’en reste pas moins qu’il a été différemment apprécie selon l’activité des opérateurs et leur secteur d’activité. En effet, le plan n’a pas pu mettre d’accord les pêcheurs et les patrons des unités de transformation des produits de la mer.
Les industriels voulaient se voir accorder des licences d’affrètement de bateau, mais de manière complémentaire, après que les pêcheurs côtiers aient épuisé le volume qu’ils leur fournissent habituellement et qui est de 300.000 tonnes. La demande a été fermement rejetée par le ministère. Une attitude justifiée par la crainte de voir les propriétaires des unités de transformation délaisser leurs activités pour la pêche, explique-t-on.
Pour les armateurs qui revendiquent 550 unités et 25 à 30 000 employés à bord, l’octroi d’autorisation d’affrètement aux industriels pourrait se révéler néfaste pour la pêche artisanale. Les industriels estiment, quant à eux, que la limitation et l’interdiction d’affrètement ne leur permettent pas d’être compétitifs.
Par ailleurs, outre une conjoncture jugée défavorable au secteur. Les professionnels doivent cohabiter avec d’autres pêcheurs de différentes nationalités qui débarquent dans les eaux marocaines dans le cadre d’accord de partenariat signés notamment avec l’Union européenne et la Russie. Ainsi, Dès la mi-mai, les pêcheurs européens, des Espagnols dans leur grande majorité, pourront commencer leur activité dans les côtes sud du Royaume où il leur a été affecté un quota de 60.000 tonnes de pélagiques. Les Russes se sont vus accorder, pour leur part, un quota de 200.000 tonnes. À cela s’ajoute le quota de 200.000 tonnes qui a été accordé à quelques unités de congélation dans le Sud.

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