Pétrole : L’horizon des 100 dollars le baril en ligne de mire en 2008

Pétrole : L’horizon des 100 dollars le baril en ligne
de mire en 2008

L’horizon des 100 dollars le baril est en vue pour le marché du pétrole en 2008, les prix de l’or noir ayant connu une forte progression sur l’année écoulée et montrant peu de signe d’essouflement même si le ralentissement des économies occidentales pourrait peser sur la demande. De moins de 50 dollars le baril en janvier, les prix du pétrole ont atteint un plus haut de 99,29 dollars le 21 novembre. Peu d’observateurs avaient prévu une telle envolée à l’exception de quelques-uns comme la banque d’investissment Goldman Sachs : dès 2005, elle avait prédit une poussée des prix, et table à présent sur un baril de brut à 105 dollars à la fin 2008. «Un hiver froid, un resserrement de l’approvisionnement de l’Opep (Organisation des pays exportateurs de pétrole) ou une augmentation plus faible de la production des pays ne faisant pas partie de l’Opep pourraient pousser les prix au-dessus de 100 dollars», estime également Leo Drollas, économiste en chef du Centre for Global Energy Studies, à Londres.
Après être tombés sous 90 dollars début décembre, les prix sont revenus au-dessus de ce seuil ces derniers jours. David Kirsch, analyste pour la firme de conseil PFC Energy à Washington, estime qu’«il y a de fortes chances que les prix passent au-dessus des 100 dollars en 2008, même s’il fait part de quelques incertitudes sur la demande. La santé des pays industrialisés soulève des doutes et ces inquiétudes pourraient empêcher de passer les 100 dollars», souligne-t-il. Les Etats-Unis -la première économie mondiale- doivent faire face à la fois à la crise du secteur immobilier et au resserrement des conditions de crédit. Dans de telles conditions, les analystes de la banque d’affaires new-yorkaise Merrill Lynch prévoient une moyenne des prix du baril en 2008 de 82 dollars.
Du côté des producteurs, les 13 membres de l’Opep pourraient encourager une baisse des prix en augmentant leur production, mais ils ont écarté une telle éventualité lors de leur réunion d’Abou Dhabi début décembre. Certains tiennent leur cartel comme directement responsable de l’envolée des prix cette année. «L’Opep n’a pas produit assez, c’est aussi simple que cela», affirme Leo Drollas.
Pour David Kirsch, 2007 a été l’année "du retour de l’Opep" après que l’influence du cartel, qui produit 40% du pétrole mondial, se soit quelque peu affaiblie au cours des années précédentes. Il attire également sur ce qu’il appelle "la financiarisation du pétrole", qui voit l’or noir devenir un produit d’investissement pour les spéculateurs et les fonds de retraite. «Cela a commencé à la fin de l’an dernier et nous voyons maintenant apparaître d’autres types d’investisseurs», indique-t-il. «Avant, c’était principalement des fonds spéculatifs et maintenant on voit des fonds de retraite qui sont plus conservateurs et prennent des positions à long-terme, le pétrole faisant partir d’une stratégie globale de placement».
Les pays de l’Opep dénoncent de leur côté le rôle des spéculateurs dans l’augmentation des prix et la volatilité des cours. L’un des facteurs qui devrait moins peser sur les prix en 2008 est l’Iran.
La publication récente d’un rapport des renseignements américains indique que ce pays, deuxième producteur de l’Opep, a interrompu son programme de développement d’armes nucléaires en 2003, atténuant ainsi les risques de crise ouverte avec les Etats-Unis, dont la menace a attisé les cours tout au long de 2007.

Adam Plowright (AFP)

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