Quand l’électricité pénalise l’industrie

Contrairement à l’Egypte et à la Tunisie, le coût de l’énergie électrique au Maroc constitue un sérieux handicap pour la compétitivité du secteur industriel. Chez nos voisins tunisiens, le prix au Kwh est fixé à 0,50 DH, alors que chez les Égyptiens, ce tarif ne dépasse pas 0,20 DH . Quant au Maroc, le coût du Kwh atteint 1 DH. A en juger par ce comparatif, il s’avère clairement que le royaume a beaucoup de chemin à faire dans ce domaine stratégique. L’objectif étant d’assurer l’expansion du tissu industriel.
Pour Abdelouhad Alami, président d’Aluminium du Maroc, « le coût de l’énergie électrique pénalise tout le secteur industriel. Comment voulez-vous que nous soyons plus compétitifs par rapport à nos concurrents ». Si M. Alami tient ces propos, c’est parce que son entreprise, spécialisée dans la fabrication de profilés d’aluminium, atteint des niveaux records en matière de consommation d’électricité. 35% de sa production est tournée vers l’export. A Tanger, ils sont plusieurs qui sont dans le même cas. « Les industriels de la ville sont en désaccord ave la hausse des tarifs de l’électricité industrielle. Cette décision a été prise sans une concertation au préalable », souligne Adil Raiss, président de l’Association regroupant les opérateurs installés dans la zone industrielle.
Pour l’heure, les industriels ne savent plus pour quel saint se vouer. «D’un côté, l’Etat a annoncé, il y a deux ans, une baisse progressive de 17% du prix de l’énergie industrielle, alors que d’un autre, les régies de distribution privées, comme celle du Nord, se permettent d’augmenter les tarifs», déplore le patron d’une unité industrielle à Tanger. Plusieurs entreprises contactées sur place ont estimé que les factures d’électricité sont de plus en plus salées.
Les inquiétudes des industriels nous amènent à s’interroger sur les raisons du niveau élevé des prix de l’électricité industrielle au Maroc. Cela est dû à une anomalie du marché de l’électricité, selon laquelle, la moyenne tension consommée par l’essentiel des unités industrielles nationales subventionne la consommation moyenne tension domestique. Conscient de ce déséquilibre, Driss Benhima, ex-directeur de l’ONE (Office National de l’Electricité) a recommandé à plusieurs reprises, de maintenir le tarif agricole hormis les horaires de pointe et la hausse des prix domestiques pour ce qui est des consommations supérieures à 500 kWh/mois. M. Benhima a même proposé de faire profiter la moyenne tension industrielle des réductions de coût qui pourront être assurées. La subvention de la consommation domestique n’est pas le seul facteur qui explique la hausse des prix de l’électricité industrielle, souligne-t-on auprès du ministère de l’Energie.
Le département justifie cette situation par l’absence de ressources énergétiques à l’exception bien évidemment de l’hydraulique. Il est certain que le Maroc est loin de devenir un marché idéal en matière de consommation d’énergie industrielle. C’est le prix de la subvention des secteurs sociaux.

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