Ramadan : Le panier devient plus lourd

Ramadan : Le panier devient plus lourd

Le Marocain des villes a tendance a augmenter modérément ses dépenses alimentaires durant le mois du Ramadan, tout en mettant sous veilleuse son budget logement et en reportant les décaissements liées à l’habillement. L’enquête menée par le Haut Commissariat au Plan entre 2000 et 2001 montre que, finalement, le panier de la ménagère n’augmente pas tant durant le mois sacré, passant de 4 111 dirhams en moyenne sur la période normale à 4 451 dhs durant le Ramadan.
Par contre, il y a un véritable ajustement entre différents postes budgétaires en faveur des dépenses alimentaires, cela que l’on réside en ville ou dans le monde rural, que l’on appartienne à la classe aisée ou à celle défavorisée.
Ainsi, le poste alimentaire s’accroît de 28%. En moyenne, le ménage marocain dépense 2 113 dirhams pendant le mois sacré, contre 1651 pour le reste de l’année.
Cette hausse des dépenses alimentaires est de 28,5% en milieu urbain, de 24,3% en milieu rural, de 24% pour les ménages pauvres, de 15,8% pour les ménages vulnérables et de 17,9% pour les plus aisés des ménages.
Cette ruée vers l’achat des aliments est financée en partie par le report des dépenses non-alimentaires (-3,7%). Seulement 2 338 dirhams contre 2 429 dirhams le reste de l’année. Ce recul est nettement plus appréciable pour les citadins (7%) que les ruraux (5,2%), passant à portion congrue chez les ménages pauvres (2,2%). L’augmentation des dépenses alimentaires au cours du Ramadan ne se traduit en diminution des autres dépenses que pour les ménages urbains moyens ou aisés. Chez les autres catégories, rurale ou pauvre, caractérisé par des budgets déjà incompressibles, l’augmentation des dépenses alimentaires à tendance à engendrer une hausse des dépenses non alimentaires.
La part des produits alimentaires dans le total des dépenses est de 47,5% durant le Ramadan, contre 40,5% pour le reste de l’année. Cette proportion de la part alimentaire dans le panier du ménage atteint 53,7% dans le milieu rural durant le Ramadan contre 49,5% en temps normal. En ville, les deux écarts se situent entre 45,3 et 37,2%.
Produits les plus achetés : les laits et dérivés, les oeufs, les viandes, les poissons, les légumes secs, etc. Exemple, les 15,8 litres de lait que consommait le ménage moyen, en temps normal, passent à 21,6 durant le Ramadan. Idem pour les viandes qui passent de 10 à 13 kg, les poissons de 4,4 à 5,7. Notons une faible augmentation de la consommation des produits à base de céréales, les légumes frais, les sucres et dérivés.
Les repas et aliments pris à l’extérieur diminuent avec le Ramadan, entraînant dans leur sillage la réduction de la consommation en thé et en café.
Cet avantage donné à l’alimentaire reporte en partie les frais liés à l’habitat, réduit les dépenses en transport mais augmente celles en équipements ménagers et de santé. Si les opérateurs dans l’électroménager se frottent les mains durant le Ramadan, ceux de l’habitat et l’énergie, de l’habillement, du transport et de la communication, de l’enseignement, des loisirs et culture, subissent les contre-coups d’un arbitrage des dépenses ménagères en leur défaveur.
Il se trouve donc, note l’enquête, que «l’éventuel recours des ménages à l’épargne, aux transferts, à la solidarité familiale et sociale et aux crédits ne couvrent pas, dans tous les cas, le coût des charges alimentaires additionnelles attribuables au mois du Ramadan. Certains ménages procèdent alors à une restriction, sinon à un report, des dépenses consacrées à d’autres postes de consommation non-alimentaire.»
Dans tous les cas, cette amélioration quantitative et qualitative de la consommation alimentaire pendant le mois du Ramadan ne peut qu’engendrer le recul de la pauvreté et de la vulnérabilité pendant le mois en question. Aussi, ce mois est la période où la pauvreté et la vulnérabilité sont à leur minimum, en raison notamment de la répartition du budget ménage entre les différents postes de dépenses.
Et comme on devrait s’y attendre, la pauvreté alimentaire est pratiquement éradiquée pendant le mois sacré.

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