« SIFAP respecte la nature »

« SIFAP respecte la nature »

ALM : Quel regard portez-vous sur l’industrie du papier au Maroc?
Mounir El Bari : Se lancer dans ce type d’industrie n’est pas une mince affaire puisqu’elle fait partie de l’industrie lourde. Nous comptons six sociétés réparties dans plusieurs villes du Royaume : Tétouan, Tanger, Kénitra, El Jadida et Meknès qui regroupe à elle seule deux fabricants du papier :  la SIPAT et la SIFAP.  La production annuelle de notre secteur est de l’ordre de 220.000 tonnes par an, soit 55 % de la consommation nationale. Les différents types de papiers fabriqués par le secteur sont le papier impression écriture, le papier pour carton ondulé (PPO), le papier emballage, le carton plat et duplex et le papier tissus (papier mouchoir et hygiénique). Ces sociétés utilisent comme matière première, soit du vieux papier, soit de la pâte à papier fabriquée à partir du bois d’eucalyptus par la Cellulose du Maroc. La SIFAP emploie directement  une centaine de personnes, et produit 14.000 tonnes de papier par an : papier pour ondulé, papier pour emballage, papier gris pour mandrins en carton, et dossier coloré pour les chemises cartonnées d’entrée de gamme.

Qui dit industrie lourde dit grande polluante. Quelles solutions avez-vous trouvés pour réduire les effets néfastes de cette activité industrielle ?
La SIFAP fait partie des entreprises marocaines qui recyclent du vieux papier et carton, et retraite ainsi plus de 15 000 tonnes par an. Ainsi et dès l’année 1998, nous avons entamé notre processus de mise à niveau, en commençant par une rénovation de l’outil de production afin d’améliorer la qualité de notre produit, et pour augmenter la production (1000 tonnes de plus chaque année, avec une laize de 2,16 m contre 1,80 auparavant). Ce processus de rénovation de l’outil de production a nécessité des investissements de l’ordre de 10 millions de dirhams par an. Cette préparation s’inscrit d’ailleurs dans le cadre du démantèlement progressif des droits de douane.
Par ailleurs et puisque nous participons déjà à la protection de l’environnement par le recyclage de 15.000 tonnes de papier et carton par an et que nous réduisons par conséquent l’émission de gaz à effet de serre (le papier et carton à la décharge dégage une quantité de gaz de méthane nocif qui participe à l’augmentation de la température de l’atmosphère). A ce sujet, nous comptons mettre en place un système environnemental pour être certifié ISO 14001. En outre, nos eaux usées sont traitées avant rejet par une station d’épuration (investissement de 2 millions de dirhams). Bien sûr, la suite logique est la certification en terme de sécurité OHSAS 18 001, que nous comptons démarrer dès 2006 pour avoir un système de management global QSE (Qualité, Sécurité, Environnement).

Qu’en est-il de votre programme de mise à niveau des ressources humaines ?
Concernant la mise à niveau des ressources humaines, nos plans de formation sont élaborés avec la collaboration de cabinets spécialisés, et financés à hauteur de 70 % par l’OFPPT. Au début de l’année 2005, nous avons été certifiés ISO 9001 version 2000 par MOODY France. Cette certification nous a mené à une logique d’amélioration continue de tous nos processus : commercial, fabrication, maintenance des équipements, ressources humaines… Une vraie démarche qualité consiste à mettre en place un système de management de la qualité auquel tout le personnel adhère, et qui permet à la direction générale d’avoir des informations en temps réel afin de piloter au mieux l’entreprise : amélioration des tableaux de bord et suivi des indicateurs de performance de la société. Ce système de management de la qualité nous a aussi permis de bien situer notre offre produit par rapport aux concurrents à travers des enquêtes de satisfaction auprès des clients, et de mettre en place un plan d’action pour améliorer d’avantage sa qualité.

Quelles autres retombées ce système a-t-il eues ?
Depuis notre certification en début d’année, nous n’avons pas cessé d’améliorer notre système pour combler les écarts détectés en cours d’application et être plus performants. Ce système a permis aussi de responsabiliser davantage les pilotes de chaque processus : propositions à la DG lors de la revue de direction trimestrielle de solutions et de plans d’actions afin d’améliorer les indicateurs de performance.
Le système permet aussi de mesurer le coût de la non qualité et de mettre en place des actions concrètes et pertinentes afin de réduire ce coût. Pour l’avenir proche, nous tenons encore à améliorer notre système de management de la qualité et de l’adapter au maximum à notre type de production: travail à feu continu 330 jours sur 365 jours. Améliorer les polyvalences, essentielles et vitales pour les PMI.

Comment imaginez-vous les perspectives de développement de la SIFAP dans l’avenir ?
Outre l’obtention de la certification du système qualité de la société, et pour faire face au démantèlement des barrières douanières et aux conséquences de la mondialisation, la SIFAP cherche à optimiser ses coûts unitaires en augmentant chaque année sa capacité de production, mais aussi et surtout en préparant la diversification de son offre grâce à l’installation en cours d’une deuxième machine dédiée au papier à grammages fins.

Est-ce que le secteur de l’industrie du papier vous suit dans cette dynamique de mise à niveau ?
Il y a lieu ici de recentrer le débat sur le secteur de ramassage du papier – carton, générateur de plusieurs milliers d’emplois, qui est appelé à se restructurer afin d’augmenter le potentiel de ramassage du vieux papiers au Maroc.
Actuellement, le Maroc recycle près de 2,5 kg de papier et carton/an/habitant contre une consommation de 13 Kg/an habitant. Une étude est d’ailleurs sur le point d’être lancée avec la collaboration étroite de l’Association des fabricants du papier au Maroc (AFPAP) à travers notre Fédération FIFAGE, et l’Agence nationale pour la promotion des PME (ANPME).

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