Soldes à la Bourse de Casablanca

C’est désormais une période de soldes à la place casablancaise. Certes, il y avait une sur-cotation sans commune avec le potentiel réel et les bénéfices des entreprises, mais on arrive aujourd’hui à des niveaux de cours ridicules, au point où on peut avancer qu’ils s’effondrent. Plus même, car le mouvement de baisse touche peut-être le fond, le plancher. Le bon sens nous dicte qu’on ne peut tomber plus bas sans frôler le crash.
Une question légitime s’impose ainsi d’elle-même : il faut tenter quelque chose, mais quoi ? Relancer les placements en actions et ce, en conseillant fidèlement les épargnants, en communiquant davantage sur les résultats et les performances des entreprises, mais aussi en informant régulièrement sur les projets des entreprises. Reste encore que ces mêmes entreprises, au vu de ce que les nouvelles dispositions des contrats d’animation leur permettent, franchissent le cap et apprennent à gérer leurs capitaux propres côtés. Dans ce registre, les sociétés de bourse disposent toutes d’une cellule d’analystes financiers qui ont pour mission d’ausculter les bilans et les résultats financiers, d’analyser les projets et les stratégies de développements des entreprises cotées, et de faire de la « futurologie » pour ce qui est de l’évolution des cours. Il leur appartient, en fonction de cela, de conseiller mais surtout d’orienter leurs clients quant à leur comportement boursier : achats, ventes, composition des portefeuilles, OPV et OPA… Or si le marché est en train de couler, c’est que les clients, petits et grands, sont livrés à eux-mêmes. Ils recherchent des coups à faire sans stratégie à moyen ou long terme, mais plutôt réaliser un profit immédiat et sûr. Des boursicoteurs vendent massivement en raison de besoins de trésorerie urgents. La prévention de cette chute des cours aurait du être prévue par les analystes financiers afin d’éviter aux épargnants des pertes qui ne profitent en fait à personne. Du moins les rassurer. La panique est en effet contagieuse. Dès que quelques gros actionnaires mettent en vente une partie de leurs portefeuilles, c’est la chute générale des cours ! D’autant plus que le poids de la capitalisation de ces dites actions est considérable dans celle du marché. Il faut reconnaître que cette chute des cours intervient au moment où les résultats financiers de la plupart des entreprises sont remarquables.
Paradoxalement, la chute touche en particulier les sociétés les plus performantes de la place. Tout en admettons que notre bourse ne fonctionne pas toujours par rapport aux bons profits financiers et aux projets industriels ou/et commerciaux des entreprises, mais plutôt en fonction de la confiance des investisseurs/spéculateurs dans les perspectives de gains futurs : dividendes, actions gratuites, fluctuations des cours à la hausse, évolution des bénéfices… Souvent les mouvements psychologiques influent plus sur les cours que la conjoncture économique elle-même. On arrive certes à des cours « risibles » alors que les entreprises cotées en général ont renforcé leurs performances et leur santé financière.
Reste que celles-ci rechignent encore à intervenir en bourse pour gérer leurs capitaux propres côtés. Plusieurs admettent que ce comportement est légitime, puisqu’elles craignent toujours les dérapages, les pratiques frauduleuses et peu déontologiques du passé, mais la régulation des cours fait partie intégrante tant du marché financier que de leur stratégie d’avenir. En effet, les entreprises nationales doivent prendre en charge le présent et le devenir de la cotation de leurs actions afin de fidéliser leurs actionnaires et de ménager l’avenir. Plus encore, si elles veulent financer de grands projets de développement et promouvoir leur taille optimale afin de préserver leurs chances à l’international, elles doivent apprendre à réguler : acheter leurs propres actions pour ne pas laisser leurs valeurs s’effondrer ou encore vendre pour empêcher l’envolée des cours qui provoquera tôt ou tard une chute. C’est ce qui est arrivé.
C’est aussi ce qui fait dire à l’autre, que la communauté boursière ressemble en cette période à un poisson qui a été tiré de l’eau. En s’agitant, le poisson sait qu’il n’y retournera pas, mais certain qu’il tente quelque chose.

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