Télécoms : Une licence pour trois

Télécoms : Une licence pour trois

Elles étaient 33 sociétés à avoir retiré le dossier, suite à l’appel  d’offres lancé par l’Agence nationale de réglementation des télécoms (ANRT), le 24 février 2005, relatif aux licences nouvelles générations pour l’établissement et l’exploitation des réseaux publics de télécommunication au Maroc.  L’Agence a mené, depuis, une véritable campagne de placement de ces licences auprès de plusieurs opérateurs de différents pays.
Au final, seuls trois candidats auront déposé quatre offres, couvrant en général la boucle locale, le réseau national et international.  Il s’agit de Maroc Connect, de Méditelecom et d’Orascom Telecom Maroc. L’ouverture des dossiers s’est faite lundi en présence du directeur général de l’ANRT, Mohamed Benchahboun et des représentants des sociétés concernées.
Maroc Connect est détenue à  50% par Attijariwafabank et 50% par la CDG,  via des fonds d’investissements.
L’enjeu local explique, d’après les observateurs, l’absence dans la compétition des grands opérateurs européens. «Tous les trois candidats de droit marocain. Les fonds, eux, peuvent être étrangers», déclare une source autorisée à l’ANRT. Le caractère marocain de l’entreprise soumissionnaire est une obligation légale.  Aussi, Orascom est donc aussi marocaine que Méditelecom et Maroc Connect. Reste à savoir (ce que le responsable à  l’ANRT n’a pas précisé), avec quel associé local, Orascom participe dans cette compétition.
La société détenue majoritairement par  l’homme d’affaires égyptien, Naguib Sawiris (le reste étant réparti sur les Bourses de Londres et du Caire) était d’abord présente en Egypte, avant de se déployer en Algérie à la faveur d’un appel d’offres remporté face à des géants comme France Télécoms et Téléfonica. Le groupe, qui avait mis dans la balance 737 millions de dollars, a connu quelques éclaboussures après la publication d’un article paru dans la presse locale  et brossant les liens entre Sawiris et Saïd Bouteflika, frère du président algérien. Cette proximité avec le clan des Bouteflika a-t-elle joué dans l’attribution à Orascom de la licence de la téléphonie mobile, laquelle couvre une concession de 15 ans, renouvelable pour 5 autres années?
 Après l’Algérie, Orascom s’est installée en Tunisie où elle a raflé la deuxième licence de téléphonie mobile face au même Téléfonica et à Koweït Télécoms , grâce à une mise de 454 millions de dollars. L’engagement d’Orascom pour l’Afrique du Nord, effectif à partir de 2001, s’est accompagné d’un repli spectaculaire de l’Afrique subsaharienne.  Mais malgré ce retrait, Orascom reste parmi les plus grands opérateurs  (fixe, mobile, Internet) du Proche Orient et de l’Afrique. Elle détient 10 licences de réseaux qui couvrent la région. Après Mobinil en Egypte, elle a continué d’étendre la couverture de son réseau en Algérie, Tunisie, Pakistan, Congo, Tchad, Zimbabwe, RDC, Côte d’Ivoire et, depuis peu, en Irak. L’opérateur compte déjà 6 millions d’abonnés, et devrait devenir le premier fournisseur de réseau GSM de la région. Comme fournisseur d’accès Internet, il est au premier rang en Egypte, et a commencé à étendre ses services dans la région des pays du Golf. Dans le grand marché de la reconstruction, Orascom a remporté une licence de téléphonie mobile avec son allié français Alcatel. Pour le Maroc, tout dépendra de la décision finale de l’ANRT. L’étude des différents dossiers serait déjà en cours.

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