Tsunami rebat les cartes

Tsunami rebat les cartes

Environ 140 000 morts et des millions de personnes déplacées. L’heure du décompte des victimes n’est pas encore finie dans les sept pays du sud-est asiatique affectés par l’une des plus grandes catastrophes des temps modernes. Mais, pressée par les échéances, l’industrie touristique s’interroge déjà sur l’ampleur de ses pertes et les assureurs s’inquiètent de l’éventuel délestage de leurs comptes.
Plusieurs voyagistes ont, quand même annoncé le maintien de leurs programme, dans ces pays. Ce sont surtout les clients ayant opté pour les «vols secs», notamment par Internet et auprès des compagnies aériennes, qui ont été affectés, selon les Tours Opérateurs. La priorité allait aux «voyages organisés» liés aux TO par des contrats.
Quoi qu’il en soit, a déclaré à «France Soir», René Marc Chikli, président de l’Association des Tours Opérateurs français, partir en vacances dans les pays touchés par le tsunami est «plus utile que les dons humanitaires». Les opérateurs français reprendront la commercialisation de toutes les destinations touchées, dès le 16 janvier. De leur côté, l’association des agences de voyages allemande annonce le maintien de ses réservations vers ces pays qui ont besoin de tourisme. Les itinéraires et les programmes seront déviés pour éviter les zones touchées.
Une attitude solidaire observée aussi par certains touristes européens qui veulent se rendre dans les pays touchés, mais en évitant les zones dévastées. La côte est de la Thailande n’a pas été affecté, tout comme l’île de Bali ou Lombok. L’Espagnol Catai Tours a montré la voie à suivre, en remplaçant le séjour dans Phuket, une île thaïlandaise dévastée elle aussi, par un séjour combiné entre une autre île et Bali.
Des pièces de rechange qui ne pourront pas absorber toute la demande traditionnellement concentrée sur cette région du monde. Aux problèmes de logistique, s’ajoutent aussi les réticences des clients. En Italie, seuls 30% des réservations enregistrées avant la catastrophe ont reçu confirmation.
En Scandinavie, région durement touchée, la vague d’annulation est plus perceptible. Comme destination de rechange, l’Amérique du Sud et les Caraïbes sont aux premières lignes, devant la Méditerranée. Si les voyagistes finalandais lorgnent vers le Brésil ou les Canaries, le tour –opérateur suédois Ving propose, quant à lui, l’Egypte, le Maroc, la Tunisie et la Gambie. La Caraïbe est en vedette aussi pour les Allemands et les Italiens.
La grosse machine de TUI fera certainement pencher la balance vers le Maroc et la Tunisie. C’est ce qu’a annoncé cet opérateur ainsi que Thomas Cook. S’il est toujours difficile pour le Maroc de gagner des points sur l’Angleterre, ce ne sera pas peine perdu, assure un délégué ONMT à l’étranger, d’essayer le marché émetteur allemand, autrefois présent à Agadir et de renforcer le score sur le marché français. Concernant la Scandinavie, les prévisions sont légèrement pessimistes. Les milliers de disparus enregistrés dans ces régions risquent d’affecter l’envie de voyager des Suédois, des Norvégiens et des Danois.
Le Royaume du Maroc reste handicapé par une offre en sièges aériens limitée. Un TO européen présent à Agadir dit avoir reçu, dès les premières heures de la catastrophe, une demande sur 650 réservations de touristes européens qui ont transpéré leurs réservations du Sri Lanka à Agadir. Faute de sièges, ce paquet a été ravi par d’autres destinations concurrentes. En tout cas, quelles que soient les parts de marché gagnées sur le sillage des vagues du tsunami, elles ne seront pas permanentes, avertit un opérateur, persuadé qu’avec la reconstruction annoncée des destinations en cours, la situation reviendra à la normale rapidement.

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