Un gestionnaire averti

Mohamed Boutaleb a été nommé récemment ministre de l’Energie et des Mines. Professeur de métier à l’Ecole nationale de l’industrie minérale, il a occupé des postes de responsabilité dans les domaines géologique, minier et énergétique. Sa première sortie médiatique fut la présentation de la politique énergétique du Royaume qu’il a exposée devant l’ensemble des opérateurs du secteur et la quasi-totalité des cadres de la direction de l’Energie, dans un palace de la capitale économique. C’est pour la première fois qu’un ministre de l’Energie et des Mines met en exergue sa façon à lui de définir une politique énergétique adéquate. Il l’a fait avec simplicité et clarté. Mieux encore, il l’a fait avec enthousiasme.
Après avoir brossé la situation énergétique internationale, il a passé en revue la situation énergétique nationale, avant de définir dans un troisième temps les différents axes de sa politique. Un débat s’en est suivi durant lequel, les réponses aux questions posées par l’assistance ont été, on ne peut plus, franches, claires et enrichissantes. Rien n’est définitif pour lui, tout peut être discuté et concerté. Le ministre vient d’annoncer une politique participative.
Tous les opérateurs sont invités à mettre leur jalon dans l’édifice qui doit aboutir en définitif à l’élaboration de cette politique. Il ne prétend pas détenir la connaissance universelle. Avec cet acte, il a mis fin à de longues années de dirigisme et de centralisme qui prêchent la pensée unique et péremptoire de l’administration dans ce sens que rien ne sera, dorénavant, ni imposé ni dicté . C’est un engagement solennel. Il a mis en mouvement une politique qui, jusqu’au 30 janvier 2003, végétait au fond des tiroirs des responsables. Ces derniers doivent savoir que ce n’est plus comme avant et ce grâce à la communication et la concertation qui leur faisaient défaut .
Leur façon de voir les choses doit changer : on assistait à un pullulement d’analyses et un déficit de synthèse et de concrétisation. Enfin c’est pour la première fois qu’un ministre annonce sa volonté de réorganiser ce département pour faire asseoir sa politique. C’est une première et c’est très important.
C’est un ministre qui nous interpelle tous pour le dialogue et il faut réagir face à ce genre d’initiative pour que le contenu de la conférence ne demeure cloîtré entre les murs de l’hôtel dans lequel la rencontre a eu lieu. Ces prédécesseurs ont eu comme style de gouvernance le choix entre telle ou telle ressource d’énergie pour en faire le fer de lance de leur politique . Notre ministre a choisi la clarté, la concertation et la communication pour son style.

• Omar Elfetouaki
Administrateur Principal à la direction de l’Energie

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