Une grave crise de confiance

Ici comme ailleurs, les marchés financiers traversent une véritable crise de confiance. Le tout sur fond de baisse continue des actions. Les raisons ne sont pas les mêmes compte-tenu de plusieurs paramètres liés à la structure de ces marchés et du niveau d’ouverture de l’économie.
Si aux Etats-Unis, les scandales financiers ont dévoilé au grand jour les pratiques frauduleuses des entreprises et des analystes financiers, ce qui s’est traduit par la perte de confiance chez les investisseurs, au Maroc, on n’arrive toujours pas à cerner les véritables causes du marasme.
On parle simplement de malaise sans pour autant avoir le courage d’identifier les véritables causes. Pourtant, il ne faut être un génie de la Finance pour se rendre compte que la déconvenue des marchés financiers s’explique par le manque de transparence qui caractérise ses activités. Pas besoin ici de revenir sur les pratiques peu déontologiques des intervenants. Combien de fois, le gendarme du marché, le CDVM (Conseil Déontologique des Valeurs Mobilières) a ouvert des enquêtes sans qu’il puisse aller jusqu’au bout de la démarche. Ce qui revient à dire que la mission du CDVM est à revoir. En même temps, aux Etats-Unis, la SEC entreprend un travail considérable pour identifier les responsables de malversations ou de pratiques frauduleuses.
Les enjeux de la déroute des marchés financiers sont de taille. Plusieurs spécialistes estiment que si les actionnaires et les petites porteurs n’ont plus confiance dans les état-major des entreprises cotées, c’est tout le système boursier qui risque de s’effondrer. Chez nous, un tel risque n’a jamais fait l’objet d’une quelque réflexion de la part des intervenants de la place. Au Maroc, même les performances affichées par les entreprises cotées ne se traduisent pas des mouvements au niveau du marché. Face à la déroute des marchés financiers, les intervenants continuent à se lamenter sur leur sort. Les pouvoirs publics quant à eux semblent ne plus être intéressés par le destin tragique entre autres de la bourse de Casablanca. Et ce malgré les promesses de l’argentier du Royaume de s’attaquer à ce chantier.
Une telle situation ne bénéficie pas bien évidemment aux petits porteurs. Ces derniers ne savent plus à quel saint se vouer. Une association s’est créée pour défendre leur intérêt des intérêts des actionnaires minoritaires (AMDAM). Il se trouve que cette association qui dénonce les pratiques frauduleuses de certaines sociétés de bourse refuse de pointer du doigt les vrais responsables. Autant dire qu’on n’est pas toujours sorti de l’auberge.

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