Cordon ombilical

Cordon ombilical

L’action du gouvernement, à travers le ministère délégué en charge des MRE, qui consiste à encourager les troupes théâtrales marocaines à aller se produire là où se trouve la diaspora du pays peut paraître comme une simple mesure à caractère distractif culturel anodin. En fait, c’est bien plus profond qu’on ne le pense. Aujourd’hui, une grande partie des cinq millions de Marocains du monde est composée de deuxième, troisième et même quatrième génération c’est-à-dire des natifs des pays de résidence. Contrairement à leurs parents et grands-parents, ces Marocains de souche ne sont pas liés à leur pays d’origine par les liens forts qu’un individu garde avec sa terre natale et l’environnement de sa jeunesse. Ces nouveaux Marocains du monde ne peuvent garder des liens avec leur pays d’origine que par le déterminant familial et surtout l’affectif, le spirituel et le culturel. Et ce sont là des leviers tout aussi puissants que le lien de la terre.

La preuve est que de génération en génération, les Marocains du monde n’ont jamais rompu leur attachement au pays soit à travers leur formidable «pèlerinage» collectif et annuel, soit aussi et surtout à travers les volumes de transferts financiers qu’ils effectuent depuis des décennies vers le Maroc et qui avoisinent aujourd’hui les 60 milliards DH en devises. Pourtant, ils ne reçoivent rien de particulier en contrepartie. Mais bien plus que leur contribution financière, les Marocains du monde sont véritablement un élément du capital immatériel du Maroc car qu’on le veuille ou non, ils véhiculent aux quatre coins de la planète une partie du Maroc. Ils contribuent, à leur échelle et à leur manière, au rayonnement du Maroc. Et il n’y a pas mieux que les arts, la culture et le théâtre du pays d’origine pour les remercier et surtout les encourager à préserver leur «marocanité».

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