Éditorial

Le chemin qui mène vers la transparence dans les transactions immobilières est long et sinueux. C’est évident.  Mais le fait que la Fédération de l’immobilier mène une campagne claire et nette contre le noir est suffisamment remarquable pour le souligner. Que les professionnels haussent la voix pour faire le ménage dans leur secteur est le meilleur des choix possibles. C’est cette stratégie qui est gagnante. Les postures éthiques qui proviennent de l’intérieur d’un métier sont les plus légitimes et les plus efficaces. Elles peuvent provoquer une prise de conscience collective favorisant une mise à niveau générale de la profession. Mais il ne faut pas être naïf. Si cette démarche n’est pas accompagnée par un cadre réglementaire et fiscal des plus stricts, elle va mettre des années avant de donner ses premiers fruits. L’argent sale se défendra. Le «noir» ne se laissera pas faire. Il contrôle des pans entiers de l’économie du pays. De sa vie sociale. De sa vie politique. Voire médiatique. C’est le principal moteur de la corruption. Et un des freins essentiels à la modernisation de l’économie du pays. Cet argent, on le retrouve partout. Dans le champ électoral, il constitue la première menace contre la démocratie. Son éradication suppose une révolution culturelle que peut-être le pays n’est pas prêt à accomplir. Le premier signal fort et concret que donnera notre pays sur le chemin du Statut avancé avec l’Europe est dans ce domaine. C’est le vrai indicateur d’intégration véritable y compris au niveau communautaire. L’exemple, ou pour être précis, le contre-exemple, grec est la preuve la plus accablante. Ce que les Grecs ont gagné en combines multiples générées par un système de corruption culturellement «légitimé» est devenu un cauchemar financier pour tout un continent.

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