Éditorial

La revendication centrale de la réforme constitutionnelle, remise au goût du jour, notamment par les jeunes du 20 février, est reçue par la classe politique marocaine d’une manière assez positive. Deux raisons à cela : soit parce que c’est une revendication historique comme c’est le cas pour les partis dits de gauche, soit c’est parce que, pour les autres partis, le moment est venu, une sorte de maturation, de faire avancer d’un cran le front de réformes pour ne pas être dépassé, ou écrasé, par la société. Dans les deux cas, cela constitue une opportunité de recoller habilement au mouvement de la jeunesse et de rebondir avec une thématique moderne et porteuse rompant ainsi avec le discrédit politique et l’immobilisme partisan. Reste quelques questions de fond !  Est-ce que cette réforme est justifiée parce que l’usage constitutionnel épuisé la rend nécessaire ou obligatoire ? Ou est-ce qu’elle est impérieuse  parce que l’équilibre entre les pouvoirs est, aujourd’hui, tel qu’il est devenu pratiquement  impossible d’aller plus loin dans la transition démocratique?  Est-ce que la société marocaine dans sa diversité est acquise à cette idée ? Est-ce que la monarchie elle-même est prête à cette mutation que le projet de règne de SM. Mohammed VI a certainement prévue mais dont le calendrier peut lui échapper si des initiatives ne sont pas prises ? Ce sont là des questions auxquelles il faut répondre, sérieusement, dans un grand débat national où la politique retrouve ses lettres de noblesse et son audace naturelle. Et ne pas se contenter de quelques idées lapidaires testées sur une opinion publique sonnée par des «snipers» convertis depuis le 20 février à des idées vaguement républicaines.

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