Éditorial

Le fait que Fouad Ali El Himma esquisse un pas vers la sortie du PAM devrait conférer, objectivement, plus de responsabilités à tous ceux qui se réclament de ce parti. Depuis la création de ce parti politique en 2008, ses leaders ne cessaient de clamer l’autonomie de leur démarche, la sincérité de leur engagement, et la pertinence de leur stratégie. Le retrait, surtout progressif, de Fouad Ali El Himma ne devrait, en conséquence, pas impacter la vie de cette formation politique à laquelle —compte tenu des liens amicaux de longue date qui lient son fondateur au Souverain — de nombreux  adversaires prêtent les pires intentions hégémoniques. Or, depuis le discours royal du 9 mars 2011 qui a donné de réelles perspectives de changement institutionnel au pays les choses ont changé. Beaucoup, même. Pas pour les partis politiques, dont le PAM fait légitimement partie, qui sont toujours invités à encadrer la population, à être davantage créatifs, à avoir une démocratie interne plus conséquente et une élite plus crédible. Non, le changement va toucher certainement le rôle, l’image ou le positionnement  de certaines personnalités proches du Roi dans le futur jeu institutionnel tel qu’il sera «coagulé» par la prochaine Constitution. Ces personnalités devront choisir entre une activité publique, et les charges qui vont avec, réglée par les techniques de la démocratie : engagement partisan, élection, responsabilité, etc.
Ou une utilité, une expertise ou un apport dans le cercle, ou le périmètre, royal, avec tout ce que cela supposera à l’avenir d’impartialité quand la séparation constitutionnelle  des pouvoirs prendra une réalité juridique tangible et concrète. Dans le cas de Fouad Ali El Himma, particulièrement, cette seconde option serait une excellente chose tellement il maîtrise cette fonction et il sait — comme il a su le faire par le passé — la mettre au service du Roi et de la nation. Les orphelins  de Fouad Ali El Himma, les leaders du PAM ancienne version, devront à l’évidence apprendre à vivre sans lui et démontrer, enfin, qu’ils sont capables de faire vivre un parti émancipé et nourrir pour le pays de grandes ambitions à un moment, justement, où la politique dans son sens noble devrait normalement retrouver ses droits.

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