Petit bonjour

La gifle. Un caïd a giflé un directeur de collège. Cette manifestation un peu brutale du nouveau concept de l’autorité fait, vraiment, désordre. Les lunettes du giflé, le directeur, ont valsé devant ses subordonnés pédagogiques, élèves et enseignants, à un moment crucial de la réforme de l’enseignement. On ne sait pas si cet incident, une violence d’un agent d’autorité à la main leste sur un corps pédagogique anémié, va contribuer à la réussite du plan d’urgence en faveur d’un secteur qui est dans un coma dépassé. Gifler quelqu’un qui a perdu connaissance — un comble pour un enseignant — peut aider à le réveiller, mais il ne faut rien exagérer. L’objet de cette malheureuse affaire est la construction d’un puits dans la cour du collège. Le directeur, soutenu par sa société civile, voulait faire des économies sur sa facture d’eau avec cette fausse bonne idée. Et le caïd voulait s’assurer avec ses subalternes excités que le creusement du puits n’était pas illégal. Dans ce processus tendu d’exercice opposé de l’autorité et de manifestation contradictoire de compétences, la gifle sert comme marqueur de légitimité. Elle procède à une mise à jour cinglante des attributions de chacun. Une approche genre. Les attributs du caïd — la symbolique sexuelle est ici évidente — relèvent de la puissance sublimée et s’exercent dans la violence légitime. Alors que les attributs du directeur de collège : la connaissance, le savoir, la culture, le raffinement, eux, procèdent d’une absence de virilité, d’une sphère douteuse, d’une réalité,  pour le moins asexuée, qui a besoin d’être corrigée.

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