3 ans de prison pour avoir tenté d’enlever un enfant

3 ans de prison pour avoir tenté d’enlever un enfant

Dès que le président de la Cour lui demande de s’exprimer, il commence à se disculper, à affirmer n’avoir rien commis et à préciser qu’il n’est qu’une victime d’un crime imaginaire.


Poursuivi pour tentative de kidnapping, il s’interroge devant la chambre criminelle près la Cour d’appel de Casablanca sur les raisons qui ont permis aux témoins de qualifier sa discussion avec l’enfant de tentative d’enlèvement de cet enfant de huit ans.
«L’enfant demandait secours… Nous l’avons entendu avant notre intervention», affirme l’un des témoins qui a prêté serment avant de présenter son témoignage.
Au contraire, le mis en cause, un jeune homme de trente-six ans, célibataire, qui a déjà purgé une peine d’emprisonnement de deux ans ferme pour escroquerie, coups et blessures, explique qu’il est descendu de la voiture juste pour demander à l’enfant s’il connaissait quelqu’un qu’il cherchait. Mais, il n’a révélé ni l’identité exacte ni l’adresse de la personne qu’il prétendait chercher !

«Il m’a demandé de monter dans la voiture sans faire de bruit», balbutie l’enfant devant la Cour tout en lui indiquant qu’il s’agit bel et bien de la personne qui se tient dans le box des accusés.

Certes, le président de la Cour qui feuillette le dossier l’interroge sur le fait qu’un jeune comme lui, sans emploi, ne disposant d’aucune source matérielle, loue une voiture pour quarante-huit heures. Le mis en cause ne lui donne pas de réponse claire. Il prétend avoir loué la voiture pour voyager chez la famille de sa mère demeurant à Tanger. Cependant, par hasard, le président de la Cour a demandé à haute voix si sa mère assistait à l’audience. Une femme portant une djellaba verte et un foulard blanc se tient debout et confirme qu’elle est la mère du mis en cause.

En se tenant devant le président de la Cour, elle précise qu’elle n’a pas de famille à Tanger, qu’elle ne dispose pas de la somme nécessaire pour la verser à son fils afin qu’il loue une voiture et qu’elle ne lui a demandé de faire aucune course. Bref, le mis en cause semble être un menteur qui a inventé une histoire de toute pièce. C’est la raison pour laquelle la Cour prend en considération les déclarations de la victime, à savoir l’enfant, qui a affirmé que le mis en cause lui a demandé de l’accompagner sans créer de problème ou manifester un refus à bord de la voiture et les témoignages des personnes qui ont attesté avoir entendu l’enfant qui demandait secours. Jugé coupable de tentative de kidnapping, il a été condamné à 3 ans de prison ferme tout en bénéficiant des circonstances atténuantes.

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