5 ans de réclusion pour un fkih pédophile

Nous sommes à la capitale des Doukkala, El Jadida. La salle d’audience à la chambre criminelle près la Cour d’appel était archicomble cet après-midi du mardi 2 juin. Au box des accusés, se tenait Mohamed, le fkih d’un douar de la commune rurale Sidi Ghanem. « Tu es accusé d’atteinte à la pudeur sur des mineurs », lui a rappelé le président de la Cour qui feuilletait le dossier. Vêtu d’une djellaba marron et de babouches blanches, il clamait son innocence. «Non, M. le président, je n’ai jamais porté atteinte aux enfants du douar que je considère comme les miens…», a-t-il affirmé à la Cour. C’était à la mi-mai quand un enfant de six ans, qui apprenait le Coran à l’école coranique du douar, est retourné chez lui en courant avant l’heure de la sortie. Pourquoi ? Il a expliqué à sa mère qu’il était assis à sa place comme les autres enfants, âgés de six à sept ans, en train d’apprendre le Coran quand le fkih l’a sollicité de le rejoindre dans un coin isolé de l’école coranique où il accomplit habituellement ses cinq prières. En le rejoignant, le fkih s’est approché de lui et lui a déboutonné son pantalon. Et quand il s’est apprêté à le lui enlever, l’enfant a pris la fuite. La mère s’est dirigée rapidement au poste de la Gendarmerie royale de la région pour déposer plainte. Le fkih a été arrêté.
La réaction de l’enfant qui a pris la fuite et sa mère qui a recouru à la Gendarmerie ont encouragé deux autres bambins à réagir et dénoncer le fkih. Celui-ci n’a pas nié ce que les trois enfants lui ont attribué. Il a avoué, devant les limiers, qu’il est pédophile. Selon ses déclarations consignées dans le PV de son audition, il appelait de temps en temps l’un des enfants pour solliciter à le rejoindre dans le même coin isolé de l’école coranique, lui enlevait le pantalon et lui mettait son sexe entre ses petites fesses et entre ses cuisses et ne le relâchait qu’une fois arrivé à son bestial plaisir. Mais, il a tout nié quand il a été interrogé par la Cour. Il a affirmé qu’il ne s’agit que d’un coup monté par les familles des trois enfants. Mais, l’un des trois enfants a raconté devant la Cour toute son histoire avec le fkih: «Il a abusé de moi à plusieurs reprises. À chaque fois que je le rejoins dans le coin où il priait, il touchait mon derrière avec son sexe». Le deuxième enfant a affirmé à la Cour que le fkih l’a touché à trois reprises. Et le troisième a expliqué qu’il a pris la fuite quand le fkih s’est apprêté à le toucher. Combien d’autres enfants ont été abusés par le fkih ? Aucune réponse. Car les autres enfants ou leurs familles ont choisi de garder le silence. Et le fkih a été condamné à 5 ans de réclusion criminelle.

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