février 25, 2018

 

Aïn Chock : Le dossier devant la justice

Aïn Chock : Le dossier devant la justice

Depuis la visite Royale, le 2 avril, aux locaux de l’Association musulmane de bienfaisance à Aïn Chock à Casablanca, beaucoup de décision ont été prises et sont en cours d’exécution. Cette visite-surprise est venue à juste titre rétablir la situation chaotique dans laquelle vivaient les 700 pensionnaires de l’orphelinat. Les divers intervenants, le secrétariat général de gouvernement ainsi que le ministère de la Justice travaillent d’arrache-pied pour la remise à niveau de l’orphelinat et l’enquête sur les mis en cause dans les détournements.  Des commissions ont été constituées pour établir le diagnostic. Ces dernières se réunissent quotidiennement pour dresser «les états des lieux».
Une réunion est prévue dans la matinée du vendredi 8 avril, présidée par Abderrahim Harouchi, ministre du Développement social, de la Famille et de la Solidarité, afin de dresser le bilan d’étape. Ce bilan permettra de recenser ce qui a déjà été fait et de prévoir les actions urgentes à entamer. «La formule globale définissant les systèmes de contrôle et les modalités de gestion est en cours d’établissement. Elle sera faite à la lumière de réglementations et des textes de loi en vigueur à l’échelle internationale en matière d’administration d’orphelinats», explique Mohamed Bouzoubaa , ministre de la Justice.
Pour le moment, le Conseil de l’association a été reconstitué avec 21 membres après la dissolution de l’ancien bureau en date de la visite royale le 2 avril. Les 7 membres du Conseil restreint opérationnel ont été désignés. Deux noms sont annoncés : Abdellatif Ajana, l’ex-patron de Sopriam, se penchera sur l’audit de l’institution. Ali Chraïbi pour sa part est désigné pour assumer temporairement la gestion de l’établissement. En sa qualité d’expert-comptable, il est tenu aussi d’établir un rapport mettant la lumière sur les dérapages et les détournements effectués dans la comptabilité de la gestion douteuse antécédente. Aucune estimation préalable n’a été donnée quant aux montants détournés. La seule information à disposition pouvant illustrer la taille des détournements est l’excédent de 4 millions de DH que dégageait la comptabilité de l’institution du temps qu’elle était gérée par Haj Mohamed Sekkat.
Pas besoin de rappeler que le déficit était récurrent depuis 1998. Du côté justice, une première liste de mis en cause a été établie. «L’enquête avance. Les premiers éléments détectés relèvent de la dilapidation du bien public, la mauvaise gestion ainsi que certaines autres irrégularités. Pour l’heure, quatre mis en cause sont entre les mains de Police Judiciaire», a déclaré Mohamed Bouzoubaâ, en s’abstenant de livrer les noms des accusés pour ne pas perturber le cours de l’enquête. Le ministre continue : «des noms de fonctionnaires supposés travailler pour l’association sont listés puisqu’ils ne correspondent pas à la liste réelle du personnel. Il s’agit de ce qu’on appelle communément des fonctionnaires fantômes». Au même titre, le nom du membre qui était à la tête du bureau de l’association n’a toujours pas été dévoilé.
S’agissant de la mise à niveau des locaux de l’association, mis à part le courant électrique qui a été rétabli, les travaux de restauration des lieux ont commencé. Les donateurs ont été nombreux pour remplir les caisses vides de l’association. Parmi les bienfaiteurs, Fadel Sekkat, le fils de Haj Mohamed Sekkat qui a géré pendant des années l’orphelinat avec engagement et probité avant 1998. Le fils de l’ancien président a fait don de 500 000 DH. Younes El Aynaoui, le tennisman marocain n’a pas lésiné aussi sur les fonds. Il a versé quelque 33 000 DH. D’autres entreprises marocaines ont été au rendez-vous pour venir en aide aux orphelins de Aïn Chock. C’est le cas entre autres de Mobilia qui s’est proposé d’offrir des lits et des meubles.
«L’examen des dossiers des pensionnaires de l’orphelinat démontre de la présence d’un certain nombre de pensionnaires âgés. Ces derniers doivent être adressés à d’autres établissements de formation», déclare Abdellatif Belmlih, président délégué de l’Association. L’Association est donc entrain de se recentrer sur ses premières fonctions à savoir la protection de l’enfance. 

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