Angleterre : Un Anglais jugé pour viol trente ans plus tard

Le 2 juillet 1982, peu de temps après l’agression, la jeune fille avait rapporté les faits au poste de police le plus proche. Un accueil, loin d’être chaleureux: «A l’époque, on n’était pas toujours prise en considération. Les agents me soupçonnaient d’être une prostituée et me reprochaient presque de leur faire perdre leur temps», confie-t-elle. Peu de temps après, la victime reconnaissait son agresseur lors d’une balade en ville et le suspect était arrêté…avant d’être relâché quelques heures plus tard grâce à un alibi. Il faudra attendre le mois de mars 2010, 28 ans plus tard, pour que Philip Andrew soit arrêté une seconde fois. L’apparition de nouveaux éléments autorisait enfin la réouverture de l’enquête. L’inculpé plaidera coupable dans le cadre de cette affaire de viol. L’expertise parviendra à l’identification des traces ADN relevées sur les lieux des faits et Philip Andrew sera cette fois coincé pour de bon. La victime a pendant toutes ces années souffert de troubles psychologiques. Outre le sentiment d’impunité insoutenable, la peur de voir resurgir son agresseur l’angoissait terriblement. Le coupable était pourtant bien connu de la justice à l’époque. En 1970 déjà, Philip Andrew, alors âgé de 14 ans, avait été reconnu coupable d’agression sexuelle sur une fillette plus jeune encore. Lors de la même décennie, il sera plusieurs fois interpelé pour harcèlement, vol et d’autres délits. En 1978, il est jugé officiellement une première fois pour viol et condamné à quatre années de prison et il subit, en 1995, une deuxième condamnation pour vol et tentative de viol. Enfin, en 2001, on retrouve à son domicile des images à caractère pédopornographiques. L’avocat de Philip Andrew, a avoué que son client souffrait de troubles de la personnalité et qu’il était extrêmement honteux et dégoûté des sévices qu’il avait pu infliger aux autres. La victime a, quant à elle, avoué se sentir extrêmement soulagée du verdict même si elle n’a pu contenir ses larmes lors de la description des faits vieux de 30 ans. Elle a souhaité diffuser ce communiqué: «Une partie de moi-même s’en est allée ce soir-là, à tout jamais. 28 ans d’angoisses, de cauchemars, de méfiance : 28 ans en enfer. J’espère que cette expérience rendra espoir à toutes les victimes oubliées. Gardez la foi, tel est mon message».

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