Azemmour : L’énigme de l’exhumation d’un cadavre persiste

Il était 7 h du matin ce jeudi 8 mai. Un fossoyeur au cimetière Moulay Bouchaïb à Azemmour s’apprêtait à l’excavation des tombes quand il a découvert un cercueil brisé et déterré, un cadavre exhumé et un peu plus loin, de deux mètres environ, une tombe creusée. Qui a commis cet horrible crime ? Un charlatan ? Peut-être. La mauvaise nouvelle s’est répandue comme une traînée de poudre.
Les habitants de cette ville se souviennent encore du cadavre d’une femme, décédée, le lundi 21 janvier dernier, et exhumée, le lendemain, par des inconnus. À l’époque, l’enquête diligentée par la police d’Azemmour a révélé l’identité de la défunte. Il s’agit de Malika S., qui est décédée à son quarante-cinquième printemps alors qu’elle venait, une semaine plus tôt, de mettre au monde un nouveau-né. Ce dernier est décédé quelques jours auparavant. Son cadavre semble avoir été utilisé dans le charlatanisme. Est-ce le même cas pour ce nouveau cadavre exhumé dernièrement par un ou plusieurs inconnus ?
Le fossoyeur qui l’avait découvert a alerté la police. Cette dernière s’est dépêchée aussitôt sur les lieux et a effectué le constat d’usage. D’abord la défunte a été identifiée. Il s’agit de Majda D., née le 2 avril 1983 à Casablanca et décédée le 5 mai 2008, après avoir souffert pendant une longue période d’insuffisance rénale. Les investigations entamées sur les lieux ont permis aux enquêteurs d’apprendre qu’une voiture de couleur noire était garée près du cimetière, tôt le matin. Alors ils se sont lancés à la recherche de la voiture. Effectivement, ils sont arrivés à repérer une BMW de couleur noire qui stationnait à huit cents mètres de la tombe où le cadavre a été enterré, à bord de laquelle il y avait un jeune homme, Redouane. A, âgé de trente-deux ans. Il a été interpellé. Une fouille du coffre de sa voiture a été soldée par la découverte d’une hache. Étrange ! Est-il la personne qui a exhumé le cadavre de Majda? «Non…», a-t-il répondu aux policiers. Pourquoi se trouvait-il, tôt le matin, aux alentours du cimetière d’Azemmour alors qu’il demeure à Casablanca ? Redouane n’avait pas de réponse convaincante. Ce qui est le plus étrange est que son interrogatoire a permis aux enquêteurs d’apprendre qu’il entretenait une relation avec la défunte et qu’il la soutenait et l’aidait matériellement pour payer ses frais médicaux.
La mère de la défunte qui a été convoquée par la police a confirmé ses déclarations. Seulement, il a continué à nier avoir brisé le cercueil et avoir exhumé le cadavre. Mais pourquoi est-il arrivé de Casablanca pour se rendre, tôt le matin, au cimetière de Moulay Bouchaïb où Majda est enterrée ? Pourquoi gardait-il une hache dans le coffre de sa voiture ?
À ces questions, Redouane n’a pas pu donner de réponse convaincante. Et il a été traduit devant la justice après l’enterrement, une seconde fois, du cadavre. Mais l’énigme persiste encore sur l’exhumation des cadavres dans le cimetière. Une énigme qui a encouragé les habitants de la ville d’organiser une marche en protestation contre ces actes qui portent atteinte même aux cadavres.

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