Condamnés à huit ans de prison pour avoir violé collectivement une jeune mère

Depuis quatre ans, Fatiha s’est réfugiée à Sidi Moumen à Casablanca. Ce n’était pas une question de choix. D’abord, elle n’a jamais choisi quoi que ce soit dans sa vie, au point qu’elle n’arrive pas, à son vingt-septième printemps, à saisir le sens de la notion de «choix». En fait, elle n’a pas choisi de naître à Sidi Bennour dans une famille indigente, ni de rester analphabète, ni de se marier avec un jeune homme qu’elle n’a jamais connu, ni de tomber enceinte, ni être indésirable par ses parents après sa répudiation et ni être abandonnée à son propre sort. C’était un clavaire difficile à supporter, une épreuve à endurer. Elle devait aller chercher ailleurs, plus précisément à Casablanca, pour gagner sa vie et subvenir aux besoins de son unique enfant, âgé d’un an. En fait, elle a été éjectée vers une ville qu’elle n’a jamais connue. Heureusement, à bord de l’autocar, elle a rencontré une jeune fille qui lui a promis de l’aider. C’est elle qui lui a permis de se familiariser avec son nouvel environnement. À Sidi Moumen, elle a loué un cagibi. Et elle a commencé à travailler chez des familles. Ses rencontres se limitaient à son amie qui l’avait aidée à trouver de quoi gagner sa vie, ses employeurs, quelques voisins du quartier et l’épicier du coin. Dernièrement, elle est retournée chez elle. Effectivement, elle a récupéré son enfant que ses voisins lui gardaient avant son retour. Vers 21h, elle est sortie de chez elle, y a laissé son enfant et s’est rendu chez l’épicier du coin pour acheter du détergent. Ce n’était pas la première fois qu’elle  se rend à l’épicerie, à cette heure, non pas encore tardive, pour acheter dont elle avait besoin. Seulement, cette fois, à mi-chemin, elle a remarqué quelqu’un qui s’approchait d’elle. C’était Khaled, est un jeune chômeur de vingt-six ans, qui passait son temps à vagabonder au quartier, à se débrouiller pour avoir de l’argent et recourir le soir à son coin habituel pour fumer quelques joints. Tout d’un coup, il s’est collé à elle surtout que le coin était presque désert. Sans crier gare, il l’a saisie par sa djellaba et lui a demandé de se calmer, de ne pas réagir, ni demander secours. Il l’a même menacée de lui balafrer le visage avec un couteau. Il l’a conduite vers un terrain vague. Elle a manifesté une résistance quand il l’a obligée d’enlever son slip. Il lui a cogné la tête par terre au point qu’elle a perdu connaissance. Il l’a traînée jusqu’à un coin et l’a violée. Il l’a ligotée ensuite quand elle a repris connaissance. Et il a téléphoné à son ami, Saïd, qui se soûlait en buvant de la «Mahia». Celui-ci l’a rejoint aussitôt avec sa petite bouteille en main. Tous les deux lui ont remis un verre de «Mahia». Elle a refusé de l’ingurgiter. Khaled l’a giflée. Elle sanglotait. Il l’a obligée de boire, de s’enivrer, de perdre connaissance pour leur obtempérer. Et elle leur a cédé facilement quand elle a bu trois verres successifs d’eau-de-vie. Ils l’ont violée sauvagement à tour de rôle, lui faisant même subir des outrages contre-nature. Une fois leur faim sexuelle assouvie, les deux voyous l’ont traînée jusqu’à chez elle. Elle était dans un état lamentable quand elle a repris conscience. Son enfant était endormi seul dans la chambre. Tôt le matin, elle a déposé plainte contre ses deux violeurs qui ont été arrêtés le même jour par la police. Ils ont été traduits devant la chambre criminelle près la Cour d’appel de Casablanca. Jugés coupables pour kidnapping, séquestration, viol, coups, blessures, menace à l’arme blanche et ivresse, ils ont été condamnés à huit ans de réclusion criminelle assortie d’une amende de mille dirhams.

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