De l’amour à la terreur

De l’amour à la terreur

À son vingt-sixième printemps, Brahim n’a jamais imaginé être au box des accusés. Lui, le jeune qui jouissait d’une bonne réputation, sans problème, que tout le monde, dans sa famille, dans son douar à Tiznit et à son quartier où son père dispose d’un commerce, l’aime et l’apprécie pour sa bonté et sa générosité, se tient devant les magistrats de la chambre criminelle près la Cour d’appel de Casablanca. Son accusation est très lourde : homicide volontaire avec préméditation, guet-apens et débauche. À ce propos, il risque la peine de mort.  «Je l’aimais et je l’aime encore M. le président», affirme-t-il devant les juges avec les larmes qui coulaient de ses yeux. L’amour peut-il conduire au meurtre ? En fait, non. Mais, Brahim confirme devant les juges qu’il a tué Samira parce qu’il l’aimait.
«Je ne pouvais pas imaginer qu’elle sera dans les bras d’un autre homme», précise-t-il. Brahim aidait son père dans son commerce quand une jeune femme est venue louer une chambre au même quartier où il habitait. Dès le premier jour qu’elle est venue faire ses courses chez lui, il est tombé amoureux d’elle. Bien qu’elle soit son aînée d’une dizaine d’années, il lui a exprimé ses nobles sentiments. Tous les deux ont commencé à sortir ensemble. Elle l’invitait même chez elle pour partager le même lit. Depuis, il a commencé à subtiliser de l’argent et de la marchandise du commerce de son père pour les offrir à sa bien-aimée. C’est la raison pour laquelle son père l’a chassé de son commerce. Aussitôt, Brahim, qui a commencé à chercher du travail, a décidé de demander Samira en mariage. Il s’est rendu chez sa famille qui demeure dans un douar de la région de la ville de Fès. Et c’était la surprise : le père de Samira l’a informé que sa fille est mariée avec un jeune homme qui s’est rendu, il y a cinq ans, à Agadir pour chercher un emploi et il n’a plus donné signe de vie. Brahim lui a reproché de ne lui avoir jamais parlé de son mariage avant de rebrousser chemin à Casablanca. Mais son père a refusé de l’accueillir. Il l’a chassé comme un chien. Depuis, il est devenu SDF.  Quelques jours plus tard, Samira est retournée à Casablanca. Il l’a rencontrée et lui a demandé de passer quelques jours dans sa chambre. Elle a refusé catégoriquement. Pire encore, elle lui a demandé de rompre sa relation avec elle. Pourquoi ? Elle ne lui a pas donné d’explication. Entre-temps, il est arrivé à louer une chambre et il s’est lancé à la recherche de Samira. Il a appris qu’elle devenue fille de joie. Il n’a pas cru ses oreilles. Est-elle vraiment une prostituée?
Il l’a rencontrée. «Quand je ne trouve pas de travail, je me prostitue… Je n’ai pas d’autre choix», lui a-t-elle affirmé. Brahim n’a pas cru ses oreilles. Et il n’a jamais imaginé qu’elle soit entre les bras d’un autre homme. L’image lui hantait l’esprit jour et nuit. La solution ? Quand ils se sont rencontrés la dernière fois, il l’a invitée chez lui. Difficilement, elle a accepté l’invitation. Chez lui, il a tout préparé. Le vin, le dîner et un petit cadeau. «Je souhaite que tu tournes le dos à la prostitution pour qu’on se marie le plus tôt possible », lui a-t-il dit sur un ton sincère. Samira a refusé sa proposition. Et quand il lui a demandé de coucher avec elle, elle a refusé également. Que voulait-elle au juste ? Brahim, qui n’avait pas eu de réponse, semble avoir déjà pris sa décision. Il lui a demandé de fermer les yeux prétendant qu’il va lui faire une surprise. Quand elle les a fermés, il a saisi, aussitôt un couteau et lui a asséné plusieurs coups mortels. Un crime qui lui a coûté trente ans de réclusion criminelle.

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