De l’amour fou à la prison ferme

De l’amour fou à la prison ferme

«Au nom de l’amour, il faut savoir prendre des risques…», telle est la philosophie de Kenza, dix-sept ans. Cette jeune fille, employée comme domestique par une famille aisée de Fès, s’imaginait que l’amour lui offrirait la plus solide des protections. Elle fit malheureusement l’expérience amère du contraire…
Kenza sort de temps en temps pour faire les courses. Ses employeurs ont largement confiance en elle.  Cela fait plusieurs années qu’elle est à leur service et elle a toujours été à la hauteur de ses responsabilités.
Ses employeurs se sont habitués à voir en elle cette domestique dévouée, qui ne se plaint jamais de quoi que ce soit et qui se contente d’un salaire somme toute dérisoire. Sans se douter qu’à l’instar de toutes les jeunes filles de son âge, Kenza rêve d’aimer et d’être aimée, de rencontrer un homme sincère et travailleur avec qui elle fonderait un foyer et élèverait des enfants. Sans soupçonner également que Kenza supporte de moins en moins son statut de domestique et que le mariage lui apparaît comme le moyen de se libérer de sa condition. Bref, Kenza est psychologiquement prête à accepter la première offre de mariage venue.
C’est d’ailleurs ce qui finit par lui arriver, un jour qu’elle est sortie pour faire les courses. Un homme d’une trentaine d’années, qu’elle ne connaît pas, s’approche d’elle. Il lui chuchotait des mots mielleux. Kenza n’y résiste pas et lui répond par un sourire encourageant. Les paroles de l’inconnu s’insinuent irrésistiblement dans son cœur assoiffé d’amour. Kenza est persuadée que le grand jour est arrivé…
Folle de joie, elle retourne chez ses employeurs après avoir fixé un rendez-vous avec l’homme dont elle ne connaît encore que le prénom : Mohamed. Une première rencontre, puis une deuxième et une troisième font que Kenza s’attache terriblement à lui. Surtout qu’il a prononcé les mots merveilleux : «mariage» et «enfants». Deux mots qui sont en fait les clés magiques qui vont ouvrir à Mohamed les portes de la villa des employeurs de Kenza.
Kenza profite en effet de chaque absence de ses employeurs pour accueillir Mohamed dans sa chambre et sur son lit et lui remettre à chaque fois une petite somme d’argent : « Le temps que tu obtiennes le travail dont tu m’as parlé, mon amour… ».
Kenza est aveuglée par l’amour au point qu’elle ne se rend pas compte de ce qu’elle fait. Tout ce qui lui importe est que son amant soit satisfait.
Un jour, Mohamed lui confie son intention d’émigrer clandestinement en Europe et de faire comme les jeunes de son quartier qui sont parvenus à faire fortune, acheter une maison et une voiture. Kenza y croit. Mais il lui faut de l’argent… beaucoup d’argent !
«Mes employeurs ont énormément d’argent chez eux et de très nombreux bijoux», révèle Kenza à Mohamed, en précisant que ce trésor est caché dans l’armoire de la chambre à coucher.
Pour Mohamed c’est le gros lot. Accompagné de trois complices, armés de couteaux, le quatuor fait irruption, un soir, dans la villa. Bien sûr, c’est Kenza qui a facilité leur intrusion.
En présence de Kenza, les quatre malfrats obtiennent du couple terrorisé qu’il leur livre leur trésor : «Sinon, on vous tue sans pitié»
L’armoire de la chambre à coucher est méthodiquement dévalisée. Les malfrats rassemblent le butin dans un sac en plastique et prennent la fuite en compagnie de Kenza.
Les policiers n’ont besoin que de quelques jours pour découvrir que Kenza, son amant et leurs trois complices se trouvent à Tetouan, avec l’intention d’émigrer clandestinement vers l’Europe.
La police ne leur en laissera pas le temps et les interceptera, leur butin en main. Les malfaiteurs sont aussitôt remis entre les mains de la justice…
Kenza sait désormais que l’amour ne vaut pas de prendre n’importe quel risque. Mais à quel prix !

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